12ème dialogue

LE STYLE DIXIELAND


– CAT : Aujourd’hui, nous allons aborder un style, un peu en marge du véritable courant du jazz pour certains critiques, le « Dixieland ».

– BIRD : D’où vient ce nom ?

– CAT : Le Dixieland est la région la plus pauvre des Etats-Unis. Ce terme désigne, en langage poétique, les Etats du Sud qui comprennent l’Alabama, le Mississippi et la Louisiane. Dès le début de l’existence du folklore noir, les Blancs ont voulu le parodier. Ainsi, les chanteurs de rue des Etats du Sud, au XIXe siècle, étaient caricaturés à travers tous les Etats-Unis par des troupes de « minstrels » – ménestrels. Ces Blancs se passaient la figure au bouchon et les lèvres à la peinture blanche; coiffés d’un chapeau de paille et habillés d’une salopette rayée, ils interprétaient des airs folkloriques en s’accompagnant bien souvent au banjo. Al Johnson est le plus célèbre de leurs descendants.

 1. « New Orleans Blues » – Johnny DeDroit[1] and his New Orleans Jazz Orchestra – New Orleans, 1923
Pers : Johnny DeDroit (crt) – Russ Papalia (tb) – Henry Raymond (cl) – Rudolph Levy (sa) – Frank Guny (p) – George Potter (bjo) – Paul DeDroit (dm)
Disque : Flw F-RBF203 – CD2-1 (3’15)


– BIRD : Il y a bien longtemps, du temps de ma jeunesse, j’ai vu le film « Le Roman d’Al Johnson« [2]. A cette époque, je le considérais comme un chanteur de jazz, mais maintenant je me rends compte que ce titre ne lui convient pas du tout.

2. « Swanee » de la revue Capitol « Demi Tasse » – Al Johnson, Hollywood, fin 1945.
Pers. : Al Johnson (voc) accompagné par un orchestre de studio
Disque : FA 152 CD1 – 1 (1’54)


– CAT : Très vite, à la Nouvelle-Orléans, on voit éclore une série de petits orchestres blancs dans le style des « streets bands » noirs. Généralement, ces premiers musiciens blancs sont originaires de couches de populations guère supérieures à celles des Noirs, comme les immigrants italiens ou irlandais. C’est ainsi que l’on rencontre des La Rocca, Manone, Roppolo, Sbarbaro et bien d’autres.


– BIRD : Si mon analyse est pertinente, je pense qu’au départ le jazz est une musique de pauvres gens, et des plus misérables et discrédités d’entre eux.

– CAT: C’est bien çà ! Le plus ancien orchestre blanc de la Nouvelle-Orléans est le « Relience Brass Band » de « Papa » Jack Laine (1873-1966). Cet irlandais d’origine était au moins autant un homme d’affaire qu’un musicien : à une certaine époque il fait tourner pas moins de trois orchestres différents sous son nom ! En 1895, Jack crée le « Ragtime Band« , premier ensemble blanc qui imite les orchestres de danses noires de Storyville. Un nouveau style, situé aux frontières du jazz se développe, c’est le « Dixieland »  Il tire son origine du « ragtime » et s’inspire du style instrumental des Noirs, tant dans les improvisations que dans le jeu collectif, cependant la tonalité est pure, on n’y trouve pas les « blue notes« . Sa formation et celles des autres leaders blancs jouent une musique plus facilement assimilable que celle des Noirs, interprétée avec une technique plus sûre, mais aussi moins brûlante et moins virile. Car ce que Buddy Bolden ou Manuel Perez perdent en précision, ils le récupèrent en relief et en expressivité. Là où ils se montrent authentiquement lyriques, les Blancs ne sont souvent que mélodieux. Laine rallie sous sa bannière quelques-unes des personnalités les plus cotées de l’époque, dont le fameux clarinettiste Lorenzo « Papa » Tio, qui enseigna son art à des sommités noires comme Georges Baquet ou Sidney Bechet.

3. « Bouncing around » – Piron’s New Orleans Orchestra[3] – New York, 12-1923
Pers. : Armand J. Piron (vl) – Lorenzo Tio Jr. (cl) – Peter Bocage (crt) – Louis Warneke (sa) – Steve Lewis (p) – Charlie Bocage (bjo) – Henry Bocage (tuba) – John Lindsay (tb) – Louis Cottrell Sr. (dm)
Disque : Flw F-RBF203 – CD1-3 (2’42)


– BIRD : Donc c’est une erreur de la part des puristes de rejeter ce genre de musique ?

– CAT : Quoi qu’il en soit, on peut affirmer que c’est effectivement une erreur de présenter ces premiers jazzmen blancs comme des plagiaires des jazzmen noirs. En fait, les uns et les autres ont commencé par évoluer parallèlement, avant que la manière plus expressive de ces derniers ne prenne décisivement le pas sur la conception des premiers.

– BIRD : Appelons cela une musique euro-africaine.

– CAT : Le terme n’est pas mal choisi. Les musiciens blancs de la Nouvelle-Orléans ont également suivi le mouvement de migration vers le Nord. C’est ainsi que l’orchestre du trombone Tom Brown joue déjà depuis 1915 au « Lamb’s Café » de Chicago, sous le nom de « Tom Brown’s Dixieland Band » et plus tard sous celui de « Brown’s Dixieland Jass Band« . Je pense que c’est la première fois qu’on utilisait le mot « jass« , qui donnera « jazz » par déformation.

4. « Bull frog Blues » – The Six Brown brothers – Camden (New-Jersey), 19/6/1916.
Pers. : Tom Brown (ss,as,ldr) – Guy Shrigley (as,ts) – James « Slap Rags » White (c-ms) – Sonny Clap (ts) – Marry Cook (bs) – Harry Funk (b)
Disque : RCA 74321264122 BM 752 – CD2-9 (2’36)


– BIRD : Mais alors d’où vient ce terme « Jazz » ?

– CAT : L’étymologie du mot « jazz » est encore incertaine. De multiples interprétations fort différentes ont été données. Parmi de nombreuses hypothèses, certains le font dériver d’un terme créole français de la Nouvelle-Orléans formé sur le verbe « jaser » ; d’autres le font remonter à l’expression « Jazz-Belles », déformation satirique par les Noirs de « Jezebel », utilisé par les colons cajuns pour désigner les prostituées de la Nouvelle-Orléans. Mais je pense que le terme s’est propagé après son utilisation comme slogan publicitaire par Brown. Comme les musiciens de son ensemble n’étaient pas syndiqués lors de leur arrivée à Chicago, les professionnels de l’endroit, afin de les boycotter, répétaient partout qu’ils jouaient de la « jazz-music » : le verbe « jass » ou « jazz » était utilisé pour désigner dans les bouges les rapports sexuels. De toute manière, l’expression semble faire référence à la fois à la parole, à la danse et au sexe.

– BIRD : L’origine du terme n’enlève rien à la valeur de la musique qu’il désigne.

– CAT : Le style « Dixieland » a subi un développement parallèle au jazz. L' »Original Dixieland Jazz Band« , qui joua à Chicago de 1916 à 1925 et surtout le célèbre « New Orleans Rhythm Kings » que l’on entendait au « Friar’s Inn » de Chicago entre 1921 et 1924, ont contribué à faire progresser ce style. Le 26 février 1917, Chicago donna à l’ »Original Dixieland Jazz Band » la chance d’enregistrer le premier disque de jazz. Les deux titres gravés ce jour-là, « Livery Stable Blues«  et « Dixieland Jazz Band One Step« , ne présentèrent pas seulement un intérêt historique. Ce fut un réel succès commercial : le disque se vendit à plus d’un million d’exemplaires. On s’aperçut que le jazz pouvait se vendre et qu’il aurait au moins autant d’argent à y gagner qu’à multiplier les prestations scéniques dans tout le territoire.

5. « Livery Stable Blues » – The Original Dixieland Jass Band– Chicago, 26/2/1917
Pers. : Dominique J. La Rocca (crt) – Edwin Edward ­(tb) – Lawrence « Larry » Shield (cl) – Henry Ragas (p) – Tony Sbarbaro (dm)
Disque: RCA ND 90026 CD1–1 (3’05)

6. « Dixie Jass Band One-Step » – The original Dixieland Jass Band – Chicago, 26/2/1917
Pers.: même personnel que le précédent
Disque : RCA ND 90026 CD1-2 (2’35)


– BIRD : Y aurait-il eu discrimination pour que ce soit un orchestre blanc qui fut enregistré ?

– CAT : Aucun complot contre la musique noire n’était ourdi dans cette initiative. Il avait été proposé à Freddie Keppard, trompettiste noir légendaire de la Nouvelle-Orléans, de graver quelques-uns de ses plus grands succès en 1916 déjà, mais il refusa tout net, jugeant qu’il mettrait en péril sa souveraineté en mettant à la disposition de ses rivaux une occasion d’analyser sa manière de jouer et de « lui piquer ses trucs ».

– BIRD : Je pense tout de même qu’une des principales motivations des producteurs blancs était le profit.

– CAT :  Oui bien sûr. Le « N.O.R.K. » formé de musiciens de la Nouvelle-Orléans se composait de Leo Roppolo à la clarinette, Paul Mares à la trompette, Georges Brunies au trombone, Ben Pollack à la batterie et Elmer Schoebel au piano. Cet ensemble jouait dans un style calqué sur le « New Orleans » évolué, c’est-à-dire qu’au lieu de syncopes on rencontre déjà l' »off-beat« .

7. « Marguerite » – The New Orleans Rhythm Kings – Richmond (Indiana), 17/7/1923.
Pers. : Paul Mares (crt) – Leon Roppolo (cl) ­George Brunies (tb) – Jack Pettis (c-ms) – Glen Scoville (as, ts) – Don Murray (ts) – Kyle Pierce (p) – Lew Black (bjo) – Chink Martin (tuba) – Ben Pollack (dm).
Disque : Classics 1129 – CD-18 (3’08)


– BIRD : Un petit rappel de ces deux termes « syncope » et « off-beat » ne serait pas inutile !

– CAT : La « syncope » d’abord. C’est un déplacement de l’accent rythmique, en d’autres mots, un son qui commence sur un temps faible et se prolonge sur le temps suivant. L' »off-beat » ou « after-beat« , est l’analogue du contretemps. C’est l’accentuation légère des valeurs de notes placées sur les temps faibles, lorsque les temps forts sont occupés par des silences. Es-tu satisfait ? Où en étions-nous ? Ah oui. On commence à rencontrer une assimilation plus fidèle des procédés des Noirs, tels que moyens d’expressions harmoniques et ligne mélodique basée sur la construction de celles du style « New Orleans« . Le « Dixieland » se construit également sur une improvisation collective polyphonique. Le trompettiste ou cornettiste énonce un thème et conduit l’ensemble des musiciens, le clarinettiste brode en contrepoint, tandis que le tromboniste établit des lignes de basses puissantes et amples. Le jeu des musiciens est simple et bien posé à l’intérieur d’une mesure à deux temps, le fameux « two beats« .Voici le « Sweet Lovin’ Man » joué par le « N.O.R.K. » en 1923.

8. « Sweet Lovin’ Man » – New Orleans Rhythm Kings – Richmond, 12/3/1923.
Pers. : Paul Mares (crt) – George Brunies (tb) – Leon Roppolo (cl) – Jack Pettis (s) – Mel Stitzel (p) – Ben Pollack (dm).
Disque : Classics 1129 – CD–9 (2’35)


– CAT: Il est parfois difficile de faire la distinction et seule une oreille exercée pourra départager les ensembles. Un autre « band » qui a eu de l’importance était l’orchestre des « Wolverines » dans lequel on trouvait le cornettiste « Bix » Beiderbecke[4]. Cette figure romantique du jazz vaut la peine qu’on s’y attarde quelque peu. Leon Bismarck « Bix » Beiderbecke, né à Davenport le 10 mars 1903, est un des rares musiciens blancs qui a eu une influence sur le jeu de musiciens noirs, ce n’est qu’après sa mort, survenue à l’âge de 28 ans qu’il sortit de l’ombre. Le roman de Dorothy Baker intitulé « Young Man with a Horn » en fit une figure légendaire[5].

– BIRD : Un film de même nom a été tiré de ce roman. Et si mes souvenirs sont exacts, l’interprète principal était Kirk Douglas[6].

9. « Royal Garden Blues » – The Wolverines – Richmond 20/6/1924.
Pers. : Bix Beiderbecke (crt) – George Brunies (tb, kazoo) – Jimmy Hartwell (cl, sa) – George Johnson (ts) – Dick Voynow (p) Bob Gillette (bj) – Min Leibrook (tuba) – Vic Moore (dm).
Disque : Riv. RLP 12-115 – A2 (3’00)


– CAT : Issu d’une famille d’origine allemande, Bix reçoit une formation musicale classique et apprend le piano. Après un séjour à la « High School » de Davenport, il est envoyé à la « Lake Forest Academy« , une école militaire dans les environs de Chicago. Mais c’est en autodidacte qu’il apprend le cornet. La plupart de son temps il le consacre à l’écoute des musiciens de jazz et à jouer dans les orchestres locaux. En 1923, il est la vedette du petit groupement blanc les « Wolverines« , c’est avec cet ensemble qu’il réalise ses premiers enregistrements.

10. « Tigger Rag » – The Wolverine Orchestra – Richmond, 20-6-1924
Pers. : même personnel que le précédent
Disque : Classic Jazz Masters FP5 Mono 5501 – B2  (2’34)


– CAT : De nombreuses incursions regrettables dans des orchestres commerciaux, comme ceux de Jean Goldkette[7] et Paul Whiteman annihilent son talent.

11. « Slow River » – Jean Goldkette and his Orchestra – Camden, 6/05/1927
Pers. : Bix Beiderbecke (crt) – Fred « Fuzzy » Farrar (tp) – Ray Lodwig (tp) – Lloyd Turner (tb) – Bill Rank (tb) – Don Murray (cl, sb) – Doc Ryker (sa) – Frankie Trumbauer (c-ms) – Itzy Riskin (p) – Howdy Quicksell (bjo) – Steve Brown (sb) – Chauncey Morehouse (dm) – Eddie Sheasby (ldr, arr)
Disque : Joker / SM 3560 – A5 (2’58)


– BIRD : Cela se sent. Dommage que Bix n’intervienne que très brièvement dans ce morceau.

– CAT : Beiderbecke fait partie de ces musiciens blancs qui contribuèrent à la transformation du style « Dixieland » en « swing« . Il a été fortement influencé par Louis Armstrong qui se trouvait à cette époque déjà au seuil du « swing« .

« Les « breaks » de Bix n’étaient pas aussi sauvages que ceux d’Armstrong, mais ils étaient « hot« , et Bix choisissait chaque note avec un grand souci de musicalité. Il me démontrait – c’est le compositeur Hoagy Carmichael qui parle – que le jazz peut être musical et beau, tout en étant « hot » et que « tempo » ne signifie pas « vélocité« . Sa musique me touchait d’une autre manière. »


– BIRD : Qui est ce Carmichael et que veut-il dire par musique « hot » ?

– CAT : Carmichael est le compositeur de thèmes tel que « Stardust » et « Georgia on my mind« . On appelle « hot« , dans un morceau de jazz, le caractère d’un passage exécuté par un ou plusieurs musiciens qui abandonnent le thème mélodique pour jouer une broderie imaginée qui se développe dans le cadre de l’air et s’incorpore à lui. Cette définition est donnée par Robert Goffin dans son livre « Frontières du Jazz« .

12. « The love nest » – Frank Trumbauer and his Orchestra – New York, 5/10/1928.
Pers. : Bix Beiderbecke, Charlie Margulis (crt) – Bill Rank (tb) – Izzy Friedman (cl) – Frankie Trumbauer (c-ms) – Rube Crozier (sa, sb) – Min Leibrook (bs) – Lennie Hayton (p) – inconnu (g) – George Marsh (dm) – Martin Hurt (voc)
Disque : Joker / SM 3568 – B4 (2’53)


– CAT: Le jeu de Bix était émouvant et lyrique ; ses notes sortaient pleines, amples et riches. Il transforme le « staccato » du style « Dixieland » en un « legato ». Je prévois ta question et y répond de suite. En bref le « staccato » signifie jouer détaché par opposition à jouer lié c’est-à-dire « legato ».
Certaines des oeuvres de Bix au piano sont de petits chefs-d’oeuvre de sensibilité et de musicalité; ainsi son « ln a Mist » composé sous l’influence des musiciens classiques modernes.

13. « In a mist« . solo de piano – New York, 8-9-1927
Pers. : Bix Beiderbecke
Disque : Joker / SM 3561 – A1 (2’44)


– BIRD : On sent qu’il connaît la musique classique. Son jeu rappelle Ravel ou Debussy.

– CAT : Il possédait une invention mélodique inépuisable et donnait une place privilégiée aux qualités harmoniques, surtout, il avait une prédilection pour la couleur sonore impressionniste. Voici d’ailleurs le témoignage d’un de ses amis, le clarinettiste Pee Wee Russell :

« Bix avait une oreille prodigieuse. Il aimait des petites choses, telles que certaines oeuvres de Mac Dewell et de Debussy, des choses très légères. Et aussi de Delius. Puis il a fait un bond jusqu’aux trucs de Stravinsky. Il y avait certaines choses qui l’intéressaient dans la musique classique moderne, par exemple les tons entiers, et il disait : Pourquoi ne pas en faire autant en jazz ? Pourquoi pas ? La musique ne doit pas être une chose qu’on met entre parenthèses. »

14. « Deep down south » – Bix Beiderbecke and his Orchestra – New York, 8/9/1930
Pers. : Bix Beiderbecke (crt) – Ray Ludwig (tp) ­Tommy Dorsey ou Boyer Cullen (tb) – Benny Goodman, Jimmy Dorsey (cl, as) – Pee Wee Russel ? (cl, sa) – Bud Freeman (st) – Min Leibrook (bs) –  Joe Venuti (vIn) – Irving Brodsky (p), – Eddie Lang (g) – Gene Krupa (dm) Weston Vaughn (voc).
Disque : RCA 731.131 – B7 (2’57)


– CAT : Malheureusement, aigri par le commercialisme à 100% de l’orchestre de Whiteman, Bix s’était mis à boire plus que de coutume et il menait une vie désordonnée. Il se laisse aller à composer de longues heures au piano, en s’inspirant des ses compositeurs préférés. Il meurt d’une pneumonie le 7 août 1931, après avoir essayé une cure de désintoxication. Son influence a été frappante dans les milieux de la future école de Chicago, car il donne aux musiciens blancs la possibilité de créer un langage qui leur sera propre et non plus une simple imitation de l’art musical noir.

15. « l’ll be a friend with pleasure” –  Bix Beiderbecke and his Orchestra – New York, 8/9/1930.
Pers. : même personnel que le précédent sauf Venuti et Lang
Disque : Joker / SM 3570 – B2 (2’59)


– CAT : Dans le passage que je vais lire, je passe la parole à son ami Jimmy McPartland qui l’a remplacé lorsque Bix quitta les Wolverines.

« Bix a largement contribué à la grandeur du jazz. Il a aidé à le civiliser. Il l’a rendu plus musical, car il avait une technique éprouvée et une admirable sonorité. Tel était aussi son sens de l’harmonie, aussi bien au cornet qu’au piano. Il est le premier musicien de jazz que j’aie entendu utiliser le ton entier et la gamme chromatique. Je crois que presque tous les musiciens de jazz, même ceux qui ne jouent pas d’un instrument à vent, ont été d’une façon ou d’une autre influencés par Bix ».


– BIRD : Peux-tu me définir ce qu’est une gamme chromatique ?

– CAT : Dans la gamme de do normale, par exemple, qui va du do (la tonique) au do à l’octave, les intervalles entre les notes sont d’un ton sauf entre mi et fa et entre si et do à l’octave où il ne sont que ½ ton. C’est ce que l’on appelle la gamme diatonique. Partout où les notes sont séparées d’un ton, il y a moyen de placer entre elles encore une note : do#, ré#, fa#, sol#, et la#. De ce fait toutes les notes entre les deux do sont distantes d’un ½ ton, ce qui correspond à la gamme chromatique. Lorsqu’une note est haussée, on parle de dièse, dans le cas inverse, c’est-à-dire lorsqu’elle est diminuée nous avons affaire à un bémol.

– BIRD : Très bien, me voilà un peu plus savant !

– CAT : Ce sont ses enregistrements avec Frankie Trumbauer, de 1926, qui définissent le mieux son apport : un jeu doux pour la sonorité, vibrant par la flamme, une inspiration et un rythme jamais en défaut. Grâce à ses qualités, Bix appartient à cette catégorie de jazzmen blancs qui ont su faire évoluer le folklore noir pour le rendre compréhensible au grand public américain et européen.

16. « Louisiana » – Bix and his Gang – New York, 21-9-1928
Pers. : Bix Beiderbecke (crt) – Bill Rank (cl) – Min Leibrook (sb) – Roy Bargie (p) – Lennie Hayton (timpani-armonium) – George Marsh (dm)
Disque : Joker / SM 3568 – B2 (2’45)


– BIRD : Il est dommage que de tels talents en arrivent à se détruire et gaspillent ainsi leur génie.

– CAT : C’est vrai, le monde du jazz a eu son contingent de musiciens maudits selon la tradition romantique, acharnés à se détruire, et qui ont disparu tragiquement, soit sous l’effet de l’alcool ou de la drogue, soit à la suite d’une vie trop trépidante qui les a conduit à la maladie et à la mort prématurée. Nous en rencontrerons d’autres.
Bix Beiderbecke est l’instigateur des trompettistes blancs des années ’30 comme Jimmy McPartland, Bobby Hackett, Bunny Berigan, Wild Bill Davison, Max Kaminsky, Ruby Braff et le trompettiste noir Rex Steward. De plus, sa manière raffinée, expurgée de la rusticité du blues originel, peut également être considérée comme annonciatrice du style cool de la West Coast. Voici un morceau où l’on entend Bobby Hacket, « Struttin’ With Some Barbecue« .

17. « Struttin’ With Some Barbecue » –  Bobby Hackett and his Jazz Band – août 1948
Pers. : Bobby Hackett  (tp) – Charles Queener (p) – Danni Perri (g) – Bob Casey (b) – Cliff Leeman (dm)
Disque : Philips 429 465 BE – A1


– BIRD : On sent que ce trompettiste a une grande sûreté et que son jeu dégage une sorte de puissance sereine, tout en douceur.

– CAT : Le style « Dixieland » connaîtra une renaissance à partir de 1940 sous le nom de « New Orleans Revival » et suscitera un grand nombre de vocations, notamment en Europe. Nous y reviendrons. Terminons cet entretien avec l’ensemble de Frank Trumbauer qui nous interprète « Three blind mice » et dans lequel Bix nous donne une dernière preuve de son génie.

18. « Three blind mice » – Frank Trumbauer Orchestra – 28/09/1927
Pers. : Bix Beiderbecke (crt) – Bill Rank (tb) – Don Murray (cl) – Frankie Trumbauer (C-m s) – Dock Ryker (sa) – Adrian Rollini (sb) – Izzy Riskin (p) – Eddie Lang (g) – Chauncey Morehouse (dm)
Disque : Fontana 467 005 TE – A2


Discographie

1) New Orleans Jazz The ‘20’s
Folkways F-RBF203 – 2CD

2) George Gershwin – A century of glory
Frémeaux & Associés FA 152 2CD.

3) The complete Original Dixieland Jazz Band (1917-1936) – Jazz Tribune N° 70
RCA ND 90026 – 2CD

4) New Orleans Rhythn Kings 1922-1923
Classics 1129 – CD.

5) The Riverside History of classic Jazz Vol 7 and 8: Chicago Style / Harlem
Riverside Jazz Archives series RLP 12-115 – 30cm, 33T.

6) The legendary Bix Beiderbecke (1924-1925)
Classic Jazz Masters FP5 – Mono 5501 – 30cm, 33T.

7) The King Jazz Story, Collector’s Edition – Bixology – Vol. 4
JOKER/SM 3560 – 30cm, 33T.

8) The King Jazz Story, Collector’s Edition – Bixology – Vol. 5
JOKER/SM 3561 – 30cm, 33T.

9) The King Jazz Story, Collector’s Edition – Bixology – Vol. 12
JOKER/SM 3568 – 30cm, 33T.

10)The King Jazz Story, Collector’s Edition – Bixology – Vol. 14
JOKER/SM 3570 – 30cm, 33T.

11)The Bix Beiderbecke Legend – Vol. 3 – Série Black & White Vol. 50
RCA Victor 731.131 – 30cm, 33T.

12) »The Hackett Horn »
Philips 429 465 BE – 45RPM

13)The legendary Bix Beiderbecke Vol. 4 – Frank Trumbaner orchestra
Fontana 467 005 TE – 17cm, 45T.

Bibliographie

  1. Berendt J.E. (1963) – « Le jazz des origines à nos jours » Petite Bibliothèque Payot, Paris.
  1. Carles P., Clergeat A., Comolli J.-L. (1988) – Dictionnaire du Jazz, Editions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris.
  1. Goffin R. – « Aux frontières du jazz » – Ed. du Sagittaire, S. Kra, Paris
  1. Jonchkeere D.Musique : art ou science ou petit voyage dans l’oreille musicale, in L’Artichaut… n° 24/2, décembre 2006.
  1. Hansen J., Dautremer A.M et M.  (s.d.) – Cours complet d’éducation musicale et de chant choral en quatre livres – Livre II, Alphonse Leduc, Paris
  1. Longstreet S., Dauer A.M. (1958) – « Encyclopédie du Jazz » adaptation française Bureau J. – Ed. Aimery Somogy, Paris.
  1. Newton F. (1966) – Une sociologie du jazz, Flammarion, éditeur – Nouvelle Bibliothèque Scientifique.
  1. Shapiro N, Hentoff N. (1956) – « Ecoutez-moi ça ! » – Recueil de textes – Ed. Corréa, Buchet/Chastel, Paris.
  1. Ulanov B (1955) – « Histoire du Jazz » – Ed. Corréa, Buchet/Chastel, Paris.

NOTES


[1]   Johnny DeDroit dirigea, à la Nouvelle-Orléans, des orchestres de théâtre jusqu’à l’apparition, à la fin des années 1920, du système sonore Vitaphone (voir la note 2). Ces orchestres jouaient des airs populaires et des sélections douces spécialement conçues pour accompagner les spectacles. Souvent, des musiciens de jazz participaient à ces ensembles.

[2]   Le film « Jazz Singer », en français, « Le Chanteur de Jazz », est le premier film sonore, sorti le 23 octobre 1927 et produit par les frères Warner (Warner Bros). Les interprètes principaux sont Al Johnson, un ancien chanteur de Synagogue, artiste de cirque, de music-hall, impresario, devenu entrepreneur de spectacles, et Myriam Loy. Ce film, dont tous les Etats-Unis se font l’écho, raconte un peu la vie d’Al Johnson, né à Saint-Pétersbourg le 28 mai 1883. Ses premiers mots dans le film sont : « Hello, Mam ! ». Pour réaliser ce film, la Warner Bros met au point un système qu’elle a racheté à la société Vitaphone. Dans ce film pratiquement muet, Al Johnson s’adresse au public « Attendez ! Attendez ! vous n’avez encore rien entendu ». Le système des frères WARNER consistait à passer en synchronisme un disque sur un gramophone pendant que le film défilait à l’écran. Mais les aiguilles de l’appareil ayant tendance à sauter, la synchronisation du son et des images était souvent mauvaise. On entendait les mots avant ou après leur lecture sur les lèvres de l’acteur. Cependant, sonore, parlant et musical, ce film, réalisé par Alan Crosland, auteur d’un Don Juan également sonore mais non chantant, prouve que le cinéma muet appartient au passé.

[3]    Piron’s New Orleans Orchestra. Cet orchestre connut une certaine vogue à la Nouvelle-Orléans durant les années 1920. Il fut organisé par Armand Piron et Peter Bocage à la fin de 1918, lorsque Bocage quitta son job sur le SS Capitol qui remontait le Mississippi. Ils montèrent cet ensemble pour le restaurant Tranchina du lac Ponchartrain. Il fut l’orchestre attitré du lieu jusqu’en 1928. Cet excellent orchestre est représentatif du style créole de la Nouvelle-Orléans. Il fait un bref séjour au Cotton Club de New York et enregistre à plusieurs reprises entre novembre 1923 et février 1924, pour la firme Victor.

[4]   Léon Bix Beiderbecke est né au 1934 Grand Avenue, Davenport, Iowa, le 10 mars 1903. Il est le troisième enfant d’une famille d’immigrants allemands installée dans la région depuis deux générations et propriétaire de la « East Davenport Lumber and Coal Company« . – Son père s’appelait Bismark, son grand-père, Carl. Son père qu’on avait surnommé « Bix » avait déjà surnommé son premier fils (Charles) « Bix ». Dans la famille, les deux étaient connus sous les noms de « Big Bix » et « Little Bix ». Quand Léon vint au monde, « Big Bix » insista, pour des raisons qui sont demeurées obscures, pour que ce deuxième fils porte officiellement le nom de « Bix ». C’est sous ce nom – et non surnom – que ce futur cornettiste, pianiste, compositeur  allait passer à la postérité. Sa mère joue en amateur du piano et de l’orgue ; un de ses grands-pères dirige l’orchestre philharmonique de Davenport. À trois ans, il joue au piano le thème de la deuxième Rhapsodie hongroise de Liszt. À sept ans, « Little Bickie » fait la manchette du Davenport Democrat qui annonce avec fierté que la ville de Davenport a son prodige : un jeune musicien qui, sans avoir suivi un seul cours de musique, est capable de reproduire, d’oreille, n’importe quelle mélodie. Ne voulant pas suivre les cours et les conseils des professeurs qu’on lui imposait, il fait l’acquisition à 15 ans d’un cornet d’occasion et, autodidacte, s’invente une technique aux doigtés peu orthodoxes.

En 1918, de retour de l’armée, son frère, Charles ramène à la maison une machine bien intrigante : un gramophone.  Sur celui-ci, il fait écouter à son frère des disques d’un certain groupe connu sous le nom de Original Dixieland Jazz Band. Pour « Bix », c’est la découverte. A l’écoute de Nick LaRocca,  et des orchestres qui jouent à bord des riverboats qui remontent le Mississippi, il se passionne pour cette musique, citant pour son principal inspirateur un cornettiste blanc de la Nouvelle-Orléans, Emmett Hardy (mort à 22 ans), entendu dans l’orchestre de Carliste Evans.

En 1921, ses parents l’envoient au Lake Forest Academy, une académie militaire près de Chicago. Là, il forme avec le batteur Walter « Cy » Welge le Cy-Bix Orchestra et fait partie du Ten Foot Band avec Jimmy Hartwell (cl, sa), George Johnson (st) – Min Leibrook (tba) et Vic Moore (dm). Certains soirs, il descend à Chicago où il peut aller entendre les New Orleans Rhythm Kings. En 1922 – il n’a que dix-neuf ans – il est expulsé de l’académie. Son seul intérêt : le jazz. Il rentre à Davenport et cherche en vain une place de pianiste. Après un passage dans un orchestre de danse de Chicago, les Cascades, il travaille pendant près de trois mois avec Eddie Condon (g), à l’Alhambra Ballroom de Syracuse. L’année suivante, il retourne à Chicago, joue pour la danse et sur des riverboats. Dans l’orchestre de l’un de ces bateaux, il rencontre le jeune clarinettiste Benny Goodman, âgé de 14 ans.

En octobre 1923, il se joint à un groupe d’étudiants, les Wolverines, formé par le pianiste Dick Voynow avec Hartwell, Johnson auxquels s’ajouteront Moore et Leibrook. Bix en deviendra la vedette. Ils jouent dans des casinos et des dancings, dans l’Ohio, à Indianapolis, Chicago… Ses premiers enregistrements datent de février 1924, à Richmond pour la firme Gennett. Ils se produisent ensuite à l’université d’Indiana, où Bix retrouve Hoagy Carmichael qui hésite à quitter ses études de droit pour se consacrer à la musique. A New York, il enregistre avec les Sioux City Six, dont Frankie Trumbauer  (C-m s) et Miff Mole (tb) sont les principaux solistes. Bix quitte les Wolverines et entre dans l’orchestre de Jean Goldkette grâce au saxophoniste Don Murray. Il joue ensuite avec Charley Straight à Chicago – ne sachant pas lire la musique, il doit apprendre par cœur les arrangements. Il a de nouveau l’occasion d’entendre Louis Armstrong, King Oliver, Jimmie Noone et se passionne pour Bessie Smith.

En 1925, il signe ses premiers disques en tant que leader (Bix and his Rhythm Jugglers) et enregistre son premier chef-d’oeuvre : Davenport Blues. Parallèlement, il s’intéresse aux recherches harmoniques des compositeurs impressionnistes (Debussy, Ravel, Edward McDowell…) ce qui l’amène à travailler le piano et à élargir ses connaissances théoriques.

A partir de 1925, il retrouve Trumbauer avec qui il formera une association qui résistera aux aléas du métier. Ensembles, ils participeront à divers groupes, Frankie Trumbauer and his Orchestra, Tram Bix and Lang, Bix Beirdebecke and his Gang…, Durant cette période, il enregistre ses grands classiques : Sorry, Riverboat Shuffle, Singin’ the Blues

Mais déjà, il est atteint du mal qui allait l’emporter : il boit.

Sa renommée est grande. Après avoir la dissolution de la formation de Golkette, Paul Whiteman consent à engager Bix en tant que premier cornettiste dans son orchestre. Bix s’y ennuie prodigieusement (diverses sources laissent sous-entendre cependant qu’il y est très heureux, ce qui ne l’empêche pas de boire tout autant prodigieusement). – À la fin de 1929, il est hospitalisé pour être désintoxiqué mais rien ne va plus. Dès sa sortie, il se remet à boire et joue là où on espère qu’il respectera peut-être ses engagements. En 1930, il joue épisodiquement pour les orchestres de Hoagy Carmichael et d’Irving Mills puis se joint à l’orchestre formé par Charles Prévin pour une émission de radio : The Camel Pleasure Hour. Il y fait ses derniers enregistrements, se contentant parfois de ne jouer que les premières mesures d’arrangements plus ou moins inspirés.

Il quitte Prévin en octobre de la même année et, d’orchestres en orchestres, il continue à vivre une existence de plus en plus marginale. À la fin de juillet, il contracte une pneumonie et meurt le 6 août suivant.

[5]   La vie romancée de Bix Beiderbecke a été racontée par Dorothy Baker dans « Young Man With A Horn » (1938) – traduit par Boris Vian sous le titre « Le Jeune Homme à la trompette » (1954).

[6]   Film (1950) du réalisateur américain d’origine hongroise, Michael  Curtiz, de son vrai nom Manó Kertész Kaminer. Le titre anglais a été traduit par « La Femme aux chimères ». Scénario de Carl Foreman, photo de Ted McCord. Acteurs principaux : Kirk Douglas, Lauren Bacall et Doris Day. Kirk Douglas est doublé pour la musique par le trompettiste Harry James.

Michael Curtiz est né le 24 décembre 1886 dans une famille juive à Budapest, et est décédé, à Hollywood, le 10 avril 1962 des suites d’un cancer. Parti de chez lui à 17 ans pour rejoindre un cirque, puis suivre un formation d’acteur à la Royal Academy for Theater and Art. En 1912, il commence sa carrière d’acteur et de metteur en scène en Hongrie sous le nom de Mihály Kertész, réalisant au total 43 films. A la fin de la Première Guerre Mondiale, il part travailler en Allemagne, puis débarque à Hollywood en 1926, où il dirige Erroll Flynn dans des films devenus de très grands classiques du cinéma : Capitaine Blood (1935), La charge de la brigade légère (1936) et culminant avec Les Aventures de Robin des Bois en 1938. Mais c’est pour Casablanca, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, que la signature de Curtiz appartient au panthéon du cinéma.

[7]   Jean Goldkette est un pianiste et chef d’orchestre américain, né le 18 mai 1893  soit à Valenciennes en France, soit à Patras (Grèce), et mort le 24 mars 1962 à Santa Barbara (Californie). Il semble avoir passé sa jeunesse en Europe (Grèce et Russie) où, très jeune, il commence une carrière de musicien classique. Il émigre aux Etats-Unis au début des années 10. En 1919, il dirige une maison d’édition musicale à Détroit. Dans les années 20, Goldkette dirige plusieurs orchestres de danse et de jazz. Dans les faits, il n’y a pas un « orchestre de Jean Goldkette » mais un ensemble d’orchestres portant le « label Goldkette » dont il n’est que l’impresario. Goldkette se réserve la direction du plus prestigieux. L’orchestre le plus connu est son « Victor Recording Orchestra » (1924-1927) dans lequel on peut entendre des musiciens comme Bix Beiderbecke (crt), Hoagy Carmichael (p), Jimmy Dorsey (cl, sa), Tommy Dorsey (tb), Bill Rank (tb), Eddie Lang (g), Frankie Trumbauer (C-m s), Pee Wee Russell (cl) et Joe Venutti (vn). Cet orchestre enregistre de nombreux disques pour le label « Victor » dont des plages fameuses mettant en vedette Bix Beiderbecke. Le13 octobre 1926, au « Roseland Ballroom » de New York, un duel d’orchestres oppose la formation de Goldkette à celle de Fletcher Henderson. C’est Goldkette qui en sort vainqueur. En septembre 1927, Goldkette, pour des raisons mal déterminées, dissout son orchestre vedette. Une partie du personnel est embauché par Paul Whiteman, alors directeur d’un orchestre de jazz symphonique très populaire. Goldkette remonte quelques mois plus tard un autre orchestre vedette qui enregistre, lui aussi, de nombreux titres pour le label Victor. En 1929, Goldkette dissout définitivement son orchestre. La même année, Goldkette est impresario des McKinney’s Cotton Pickers puis, au début des années 30, du Casa Loma Orchestra. Golkette, « star des année 20 », glisse peu à peu dans l’anonymat. Goldkette continue sa carrière d’agent artistique sans retrouver le succès. Il tente une carrière de pianiste classique qui ne connaît pas un franc succès. En 1939, il monte l’ American Symphony Orchestra qui se produit au Carnegie Hall de New York. Là aussi, le succès est mitigé et il semble qu’à partir de 1944, il soit en quasi-retraite à Kansas-City avant de déménager en Californie en 1961 où il meurt l’année suivante.

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Léon Bix Beiderbecke

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Catégories : Jazz | Un commentaire

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Une réflexion sur “12ème dialogue

  1. Une étude du jazz très intéressante et bien développée. Merci pour le partage

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