11ème dialogue

LOUIS ARMSTRONG

– BIRD : HelIo ! Mon vieux CAT, nous en avons fini avec Chicago. Quelle découverte allons nous faire aujourd’hui ?

– CAT : Non nous reviendrons à Chicago avec l’école des jeunes Blancs. Mais avant, il est grand temps de parler du musicien qui a eu une influence prépondérante sur l’évolution du jazz vers le « classicisme ». Nous allons suivre Louis, le grand Louis ARMSTRONG.

– BIRD : Un des musiciens les plus populaires dans le monde, à l’instar de Sidney BECHET.

– CAT : L’époque du jazz essentiellement polyphonique prend fin avec le « Creole Jazz Band » de OLIVER. C’est l’avènement de la « monodie » qui connaîtra un intérêt croissant dans les années suivantes. Si tu veux, nous allons nous étendre un peu plus longuement sur le terme « monodie ».
« Monodie » s’oppose à « polyphonie » pour désigner le jeu à une voix seule, avec ou sans accompagnement. On rencontre une partie principale, caractérisée par la continuité de la ligne mélodique, les autres parties ont comme fonction celle d’accompagnement. « Satchmo » est un maître incontesté dans cet art.

– BIRD : Je connaissais ce surnom de ARMSTRONG, mais que signifie-t-il ?

– CAT : Oh, il en a eu plusieurs tels que « Dippermouth » – bouche comme une louche, « Satchelmouth » – bouche comme une giberne -, « Satchmo » contraction de « Satchelmouth« . Ces sobriquets ont tous trait à la forme et à la puissance de ses lèvres et à la manière dont il tenait sa trompette lorsqu’il jouait. Elle était placée sur ses lèvres de sorte qu’après de longues heures de prestation, elle s’enfonçait dans sa lèvre supérieure, d’où le terme de « Dippermouth« . A la longue cela lui abîma les lèvres qui se sont déchirées, l’amenant à privilégier le chant et à modifier son jeu.
D’abord une très courte biographie de Daniel Louis ARMSTRONG avant de suivre plus en détail sa carrière musicale.

1. « Cake walking babies from home » – Red Onion Jazz Babies – New York, 11/12/1924.
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt) – – Charlie IRVIS (tb) – Sidney BECHET (ss) – Lil HARDIN (p) – Buddy CHRISTIAN (bjo) – Beatty TODD (voc)
Disque : Riv- RLP 12.101 – B10 (3’24)

– BIRD : Louis est un enfant de la Nouvelle-Orléans. J’ai lu son livre « Ma Nouvelle-Orléans » dans lequel il raconte ses débuts dans la vie.

– CAT : Il est né le 4 juillet 1900 , en même temps que le XXème siècle, dans « Back 0′ Town« , le quartier pauvre de la Nouvelle-Orléans. Louis n’a pas eu d’enfance : livré à lui-même dès l’âge de cinq ans, ses premières années sont celles d’un « poulbot » hébergé plutôt qu’élevé par une grand-mère, née esclave, et sa mère Mayann, domestique et prostituée occasionnelle, à qui il restera cependant profondément attaché toute sa vie. Des voisins juifs, les KARNOFSKY, le prennent sous leur coupe et l’emploient avec leurs enfants comme chiffonnier. Ils lui prêtent un petit cornet à piston et lui donnent le goût du chant. Toute sa jeunesse est imprégnée de musique et, très tôt, il constitue un quatuor vocal afin de gagner quelques sous en se produisant dans les « tent shows » du quartier. Pour un coup de revolver tiré, afin de participer aux réjouissances de la nuit de la Saint-Sylvestre de 1913, il est arrêté et conduit au « Waif’s Home« , la maison de correction. L’orchestre de l’établissement l’attire, il y est bientôt admis.

– BIRD : Il commence sa carrière instrumentale en jouant du tambourin, puis de la batterie, du bugle et enfin, son rêve, du cornet. Son instinct musical est si développé que ses camarades le reconnaissent comme le leader de l’ensemble.

2. « Nobody knows the way l feed this morning » – Red Onion Jazz Babies – New York, 28/12/1924.
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt) – Charlie IRVIS (tb) – Sidney BECHET (ss) – Lil HARDIN (p) – Buddy CHRISTIAN (bjo) – Alberta HUNTER (voc).
Disque : Riv. RLP 12.101 – B11 (2’53)

– CAT : Libéré au bout d’un an, il mène une vie dure de 1914 à 1917. Pendant le jour, il exerce divers métiers tels que vendeur de journaux, laitier, fripier, charbonnier, tandis qu’à la tombée de la nuit, il empoigne son cornet et se précipite dans les cabarets où il peut remplacer un trompettiste absent. Il s’avère un des plus grands artistes de la Nouvelle-Orléans et en 1918, lors du départ de OLIVER pour Chicago, il le remplace dans l’orchestre de Kid ORY. Avec le « Dixie Bell » de Fate MARABLE, de 1920 à 1922, il prend part aux tournées sur les « riverboats » qui font la navette entre la « Cité du Croissant » et Saint-Louis. Appelé par King OLIVER, il débarque à Chicago un beau jour de l’année 1922.

– BIRD : Il tiendra le rôle de 2ème trompette dans le « Creole Jazz Band » jusqu’en 1924, dans lequel quelques trop rares solos lui sont accordés.

3. « Froggie moore » – King Oliver’s Creole Jazz Band – Richmond (Indiana), 6/4/1923
Pers. : King OLIVER, Louis ARMSTRONG (crt) – Honore DUTREY (tb) – Johnny DODDS (cl) – Lil HARDIN (p) – Bill JOHNSON (b) – Babby DODDS (dm)
Disque : CD1 MN 30295 – piste 8 (3’02)

– CAT : Pour plus de facilités, nous allons diviser sa carrière musicale en périodes.

– BIRD : J’espère que tu illustreras tes propos par des exemples sonores.

– CAT : Bien sûr, regarde la pile de disques que j’ai préparé.
La première période, période d’émancipation, s’étend de 1924 à 1925. Sous les instances de la pianiste Lil HARDIN qui deviendra sa deuxième femme , Louis quitte son maître et se lance à la conquête de Harlem. Nous retrouvons « Satchmo » comme chef de la section des trompettes dans le premier grand orchestre de Fletcher HENDERSON.

4. « Sugar Foot Stomp » – Fletcher HENDERSON Orchestra – New-York, 29-05-1925.
Pers. : Louis ARMSTRONG, Joe SMITH, Elmer CHAMBERS (crt, tp) – Charlie GREEN (tb) – Buster BAILEY (cl, ss, sa) Don REDMAN (cl, as) – Coleman HAWKINS (cl, ts, bs) – Fletcher HENDERSON (p) – Charlie DIXON (bjo) – Bob ESCUDERO (tuba) – Kaiser MARSHALL (dm).
Disque : Proper P1469 – 17 (2 :51)

– BIRD : Sa puissance sonore perce même dans l’orchestration touffue de l’ensemble de HENDERSON.

– CAT : Oui, malheureusement, l’orchestre sonne encore par moment piteusement et à la manière commerciale de Paul WHITEMAN. Nous retrouverons HENDERSON lorsque nous aborderons les « big bands ».
Pendant ce séjour à New-York, Louis se fait un nom en participant à de nombreux enregistrements, soit avec l’orchestre de « Smack » – un surnom de HENDERSON -, soit avec de petites formations connues sous le nom de « Blue Five » et de « Red Onion Jazz Babies« , soit enfin en tant qu’accompagnateur de chanteuses de blues, parmi lesquelles Ma RAINEY, Trixie SMITH, Clara SMITH et « l’impératrice du blues », Bessie SMITH.

5. « Terrible Blues » – Red Onion Jazz Babies – New-York, 26/11/1924
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt) – Aaron THOMPSON (tb) – Buster BAILEY (cl) – Lil HARDIN (p) – Buddy CHRISTIAN (bjo)
Disque : Riv. RLP 12.101 – B1 (2’48)

6. « J.C. Holmes Blues » – Bessie SMITH – New-York, 27-05-1925
Pers. : Bessie SMITH (voc) – Louis ARMSTRONG (crt) – Charlie GREEN (tb) – Fred LONGSHAW (p)
Disque : Proper P1469 – 16 (3:07)

– CAT : La période suivante, celle qui, a mon avis, est la plus intéressante, car elle voit la naissance de la formule des petits ensembles, débute par le retour d’ARMSTRONG à Chicago. Cette période s’étend approximativement de 1925 à 1929. « Satchmo » joue au « Dreamland Café » avec les « Dreamland Syncopators » de Lil HARDIN et au « Vendome Theatre » avec l’orchestre de Erskine TATE. C’est dans cet ensemble qu’il commence sa carrière de « showman » en apparaissant dans des sketchs humoristiques.

7. « Static Strut » – Erskine Tate’s Vendome Orchestra – Chicago, 28/5/1926
Pers. : James TATE, Louis ARMSTRONG (tp) – Ed ATKINS (tb) – Alvin FERNANDEZ (cl, as) – Paul « Stump » EVANS (as, bs) – Teddy WEATHERFORD (p) – Frank ETHRIGDE (bjo, 2éme p ?) – John HARE (tuba) – Jimmy BERTRAND (dm, wbd) – Erskine TATE (lead, bj ?)
Disque : Proper P1469 – 18 (2’50)

– CAT : Se sentant assez sûr de lui, il peut prétendre à un orchestre à lui. Grande innovation dans l’histoire du jazz, ARMSTRONG crée son premier « Hot Five » en 1925. Cet ensemble de studio comprend en plus de Louis, Johnny DODDS à la clarinette, Kid ORY au trombone, Lil HARDIN au piano et John St CYR au banjo. Cette formule d’ensemble va conduire progressivement le jazz vers sa forme classique. Elle renouvelle la forme et l’esprit de la musique de la Nouvelle-Orléans. « Gut Bucket Blues » permet d’emblée de se rendre compte de la valeur des interprètes qui se manifestent à tour de rôle en solo. Tout au long du morceau, Louis interpelle les musiciens, commente leur intervention, les invite à jouer avec flamme.

8. « Gut Bucket Blues » – Hot five – 12-11-1925, Chicago
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt) – Johnny DODDS (cl) – Kid ORY (tb) – Lil HARDIN (p) – John St CYR (bjo).
Disque : Proper P1470 – 3 (2’42)

– CAT : « Heebie Jeebies » est la première face où on l’entend chanter et où il introduit le chant « scat ». Selon la légende, après un chorus chanté, il aurait laissé tomber la feuille où étaient notées les paroles et, sans se démonter, aurait improvisé son deuxième chorus en onomatopées.

9. « Heebie Jeebies » – Hot five – 26-02-1926, Chicago
Pers. : même composition que précédemment
Disque : Proper P1470 – 6 (2’54)

– BIRD : On remarque, dès le premier enregistrement, le triomphe de la personnalité sur la collectivité. ARMSTRONG s’impose, il tient le rôle central.

– CAT : En 1927, ce groupement devient le « Hot Seven » par l’adjonction de Pete BRIGGS au tuba et de Baby DODDS à la batterie. Dans « Wild Man Blues« , on peut apprécier le long solo d’ARMSTRONG, en phrases capricieuses, d’un chromatisme révolutionnaire pour l’époque, et joué avec une rare puissance, prélude aux chefs-d’œuvre de la maturité.

10. « Wild Man Blues » – Hot Seven – 7/5/1927.
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt) – John THOMAS (tb) Johnny DODDS (cl) – Lil HARDIN (p) – John St CYR (bjo) – Pete BRIGGS (tuba) – Baby DODDS (dm).
Disque : Proper P1471 – 2 (3’12)

– BIRD : Effectivement, il est époustouflant !

– CAT : « Potato Head Blues » fit sensation à l’époque. C’est le plus bel exemple de ce que l’on nomme le « stop-chorus« , c’est-à-dire une série de « breaks » exécutés à découvert et ponctués par les accords de la section rythmique toutes les deux mesures.

11. « Potato head Blues » – Hot Seven – 10/5/1927
Pers. : même composition que précédemment
Disque : Proper P1471 – 4 (2’56)

– CAT : Retour à la formule « Hot Five » pour atteindre le sommet de la perfection avec la formule du quintette en 1928. On y trouve le grand pianiste Earl HINES et le batteur Zutty SINGLETON.
Louis tient deux chorus dans « Savoy Blues », dans un style nouveau que l’on sent en pleine évolution. Sa sonorité un peu grasse dans ses enregistrements précédents s’amincit. De plus Zutty apporte à la section rythmique le « punch » qui lui manquait. Earl HINES se montre un partenaire digne de « Satchmo ». La richesse harmonique de son jeu permet à Louis de plus grandes audaces.

12. « Savoy Blues » – Louis ARMSTRONG and his Hot Five – Chicago, 13.12.1927
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp,voc) – Fred ROBINSON (tb) – Jimmy STRONG (cl,ts) – Earl HINES (p) – Mancy CARA (bjo) – Lonnie JOHNSON (g) – Zutty SINGLETON (dm).
Disque : Proper P1471 – 20 (3’30)

– CAT : En 1928, ces deux grands du jazz enregistrent un splendide colloque piano-trompette, « Weather Bird », sur le thème d’un vieux ragtime. HINES transpose au piano le jeu de ARMSTRONG, c’est pourquoi on l’appelle souvent le pianiste au « trumpet-piano-style ».

13. « Weather Bird«  – Chicago, 5/12/1928.
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp) – Earl HINES (p).
Disque : CBS 88002 – D8 (2’45)

– BIRD : Cette formule en duo est assez révolutionnaire pour l’époque !

– CAT : Que dire du morceau suivant, « West and Blues » ? L’introduction, véritable anthologie du jazz, est exécutée par la trompette selon une ligne d’abord ascendante puis descendante d’une extrême pureté. L’atmosphère de cette exécution est empreinte d’une mélancolie discrète, Louis semble avoir fait sa voix plus douce. Ses vocalises en réponse à la clarinette sont celles d’un homme qui a pris son parti de la souffrance et se veut presque enjoué. Le chorus final avec sa longue note tenue de trompette à laquelle succèdent une phrase fougueuse, incisive, et une conclusion en paraphe, comme une signature d’ARMSTRONG, est le plus haut moment d’une œuvre exceptionnelle.

14. « West and Blues » – Louis ARMSTRONG and his Hot Five – Chicago, 28/6/1928.
Pers. : Louis ARMSTRONG (crt, voc) – Jimmy Strong (cl) Fred Robinson (tb) – Earl Hines (p) – Mancy Cara (bjo) – Zutty Singleton (dm).
Disque : Proper P1472 – 1 (3’19)

– BIRD : C’est vrai, « West and Blues » est d’une beauté sans pareille. Quelle pureté, quelle simplicité dans le jeu de « Satchmo« . On en a le souffle coupé !

– CAT : En décembre 1928, une nouvelle séance d’enregistrements est prévue. Le saxophoniste – arrangeur Don REDMAN superpose quelques passages arrangés au travail habituel d’improvisation, ce qui nous vaut quelques morceaux très réussis, notamment le très beau « Tight Like This » sur un thème de seize mesures, en mineur. Jamais ARMSTRONG ne fut plus poignant, plus vertigineux. Le jeu du trompettiste y est d’un pathétique gradué. Quelques notes graves introduisent plusieurs incursions dans l’aigu et des phrases mouvantes, que suivent de déchirants traits en valeurs longues.

15. « Tight like this » – Savoy Ballroom Five – Chicago, 12/12/1928
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Fred ROBINSON (tb) – Jimmy STRONG (cl, ts) – Don REDMAN (as, speech) – Earl HINES (p, speech) – Mancy CARA (bjo) – Zutty SINGLETON (dm).
Disque : Cedar WIS CD 604 – 2 (3 :10)

– BIRD : On a l’impression que le soliste quitte terre, qu’il nous accroche et nous tire dans une lumière admirable.

– CAT : Quel lyrisme, mon vieux !
Pendant cette période, ARMSTRONG fit énormément de trompette, car en plus de ses enregistrements, il joue dans divers cabarets de Chicago. En 1926 c’est au « Sunset Cabaret », avec l’orchestre de Carroll DICKERSON qu’on peut l’entendre. C’est là que naît entre ARMSTRONG, Earl HINES qui tenait le piano, et Zutty SINGLETON le batteur, une étroite et durable association de musiciens et d’amis. Joe GLASER, le propriétaire des lieux, devient l’imprésario du trio et mène désormais la carrière du trompettiste. Rencontre décisive qui portera ARMSTRONG au sommet de la gloire. En 1927, il forme son propre grand ensemble, le « Louis ARMSTRONG and his Stompers ». C’est avec celui-ci qu’il accomplit son premier changement de style. Il retourne en 1928 chez DICKERSON, au « Savoy Ballroom » cette fois. Et nous arrivons à la troisième période de sa carrière musicale, sa période acrobatique, qui s’étend de 1929 à 1935.

16. « No One Else but You » – Louis ARMSTRONG and his Savoy Ballroom Five – Chicago, 05-12-1928
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Fred ROBINSON (tb) – Don REDMAN (cl, sa, arr) – Earl HINES (p) – Dave WILBORN (bjo, g) – Zutty SINGLETON (dm)
Disque : Proper P1472 – 9 (3:22)

– CAT : Au cours de l’année 1929, Louis retourne à New-York. Il délaisse la formule du petit ensemble pour devenir le principal soliste vocal et instrumental devant une grande formation : celle de Luis RUSSELL, de Carroll DICKERSON, du Cocoanut Grove notamment. Il devient une vedette à Broadway et anime par sa présence quelques revues musicales comme celle des « Hot Chocolates », changeant d’existence et de public.

17. « Sweet Savannah Sue » – Carroll Dickerson’s Orchestra, New York, 22-07-1929
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Homer HOBSON (tp) – Fred ROBINSON (tb) – Jimmy STRONG (cl, ts) – Best CURRY, Crawford WETHERINGTON (as) – Gene ANDERSON (p) – Mancy CARA (bjo) – Pete BRIGGS (tuba) – Zutty SINGLETON (dm) – Carroll DICKERSON (vI).
Disque : Cedar WIS CD 604 – 5 (3 :15)

– CAT : Son esthétique même se modifie sous la pression des circonstances. Les arrangements sont conçus pour le mettre en valeur, malheureusement ils sont généralement sans grand intérêt. Cependant cette formule lui permet de réaliser quelques oeuvres concertantes qui sont de vrais petits chefs d’oeuvre. Il inscrit à son répertoire davantage de « songs » commerciaux.

18. « Body and Soul » – Les Hites’ New Sebastian Cotton Club Orchestra, Los Angeles, 10-9-1930.
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Joe BAILEY (tuba, b) – Lawrence BROWN (tb) – Harvey BROOKS (p) – Ceele BURKE (bj, g) – Leo ELKINS (tp) – William FRANZ (st) – Luther GRAVEN (tb) – Lionel HAMPTON (vb, dm) – Les HITE (sa, sb) – Leon HERRIFORD (sa) – Charlie JONES (cl, sa) – Reggie JONES (tuba) – Marv JOHNSON (sa) – George ORENDORFF (tp) – Bill PERKINS (bj, g) – Henri PRINCE (p) Willie STARK (sa) – Harold SCOTT (tp).
Disque : Ph. 429 098 BE – A1 (3 :14)

– BIRD : C’est formidable ce qu’il peut transformer une chanson un peu mièvre en un véritable petit bijou musical.

– CAT : Louis entreprend une série de tournées qui le mèneront en 1930 à Hollywood, en 1931 à la Nouvelle-Orléans, en 1932 en Angleterre, en 1933 à travers tous les U.S.A. et en juillet 1933 en Europe. Il se produit à la salle Pleyel à Paris, en octobre 1934. Par malheur, les orchestres chargés de l’accompagner sont souvent boiteux et falots, le comble étant atteint par le groupe réuni à la hâte pour son concert de Paris.

18. « Will you, won’t you be ma Baby » – Louis ARMSTRONG – Paris session, octobre 1934
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp,voc) – Jack HAMILTON, Leslie THOMPSON (tp) – Lionel GUIMARAES (tb) – Pete DUCONGE (cl, as) – Henry TYREE (as) – Alfred PRATT (ts) – Herman CHRITTISOU (p) – Maceo JEFFERSON (g)
Oliver TYNER (dm).
Disque : 30 JA 5116 – A3 (2’46)

– BIRD : En effet cela manque de souffle, on est loin des années 1928-1929. Heureusement que « Satchmo » reste égal à lui-même, ce qui sauve la mise.

– CAT : De tous les orchestres avec lesquels ARMSTRONG enregistra pendant cette période, le meilleur est celui de Luis RUSSELL. La sonorité de Louis devient, au cours de ces années, plus nette et plus claire, il recherche davantage l’effet et se complait dans le registre aigu, il doit soutenir sa réputation de phénomène. Cependant il devra bientôt y renoncer, car chaque concert est un supplice pour lui, ses lèvres ont éclaté et le font énormément souffrir. De retour aux Etats-Unis il est obligé de se retirer de la scène du jazz pendant quelques mois. Un nouvel homme sortira de cette cure de repos forcée. Durant cette période il se révèle également un chanteur en pleine maturité. Sa voix qui a mûri, s’appuie avec insistance sur les temps forts et se meut avec une souplesse et un swing décuplé.

19. « I can’t Give You Anything But Love« – Luis Russell’s Orchestra – New York City, 05-03-1929
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp) – J.C. HIGGINBOTHAM (tb) – Albert NICHOLAS (sa) – Teddy HILL (st) – Charlie HOLMES (sa) – Luis RUSSELL (p) – Eddie CONDON (bjo) – Lonnie JOHNSON (g) – Pops FOSTER (b) – Paul BARBARIN (dm)
Disque : Ph. 429 098 BE – B1 (3’32)

– CAT : Dans « Mahogany Hall Stomp« , le solo central d’Armstrong construit en vue d’un accroissement progressif de tension est connu de tous les amateurs de jazz. Pour le premier chorus, il emploie quelques phrases simples amenant une note tenue tout au long du second chorus. La chose la plus extraordinaire est certainement le riff du troisième chorus, posé sur le contretemps, et qui procède d’un décalage rythmique d’une grande audace pour l’époque.

20. « Mahogany Hall Stomp » – Luis Russell’s Orchestra – New York City, 05-03-1929
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp) – J.C. HIGGINBOTHAM (tb) – Albert NICHOLAS (sa) – Teddy HILL (st) – Charlie HOLMES (sa) – Luis RUSSELL (p) – Eddie CONDON (bjo) – Lonnie JOHNSON (g) – Pops FOSTER (b) – Paul BARBARIN (dm)
Disque : Cedar WIS CD 604 – 4 (3:22)

– CAT : Dans « Saint-Louis Blues« , les quatre chorus ne sont pas moins admirables. Entre chacun d’eux une note fait pont amenant une série de phrases de même découpage. Dans la dernière série, où la note initiale du motif répété est attaquée dans l’aigu, ARMSTRONG atteint au comble de l’exaspération.

21. « Saint-Louis Blues » – Luis Russell’s Orchestra – New York City, 13-12-1929
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Otis JOHNSON (tp) – Henry Red ALLEN (tp) – J.C. HIGGINBOTHAM (tb) – Albert NICHOLAS (cl, sa) – Charlie HOLMES (cl, sa) – Teddy HILL (cl, st) – Luis RUSSELL (p) – Will JOHNSON (g) – Pops FOSTER (b) – Paul BARBARIN (dm)
Disque : Cedar WIS CD 604 – 9 (3:02)

– CAT : 1935 à 1940 peut être considérée comme sa période de « Showman » de grande classe. Son style subit un nouveau changement. Il revient aux conceptions du début et abandonne les effets suraigus. Ce qu’il perd en prouesse technique, il le gagne en maturité. De plus sa voix devient aussi importante que sa trompette.

22. « W.P.A« – Louis ARMSTRONG & the Mills Brothers – 10-04-1940
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – The Mills Brothers (voc) – Norman BROWN (g)
Disque : Brun. 87503 LPBM – B5 (2’45)

– CAT : Lors de son retour aux Etats-Unis, après sa tournée européenne, il est devenu une « star ». Il apparaîtra dans plusieurs films tout au long de sa carrière comme : « Pennies From Heaven » aux côtés de Bing CROSBY (1936) ; « Doctor Rhythm-Every Day’s A Holiday » avec Mae WEST (1938) ; « Cabin In The Sky » (1943) ; « Jam-Session – Atlantic City » (1944) ; « A Song Is Born » (1947) ; « La Route du Bonheur » (1952) ; « Glenn Miller Story » (1954) ; « High Society » avec Grace KELLY, Bing CROSBY et Frank SINATRA (1956) ; « The Five Pennies » (1959) et j’en passe. On le voit, à Broadway, dans une version musicale de « Songe d’une nuit d’été » rebaptisé « Swinging The Dream » (1940).

– BIRD : Une belle carrière pour le petit gars de la Nouvelle-Orléans. Quelle consécration !

– CAT : Malheureusement, peut-être, son image d’improvisateur génial fait place à celle d’entertainer. Il devient une légende avec son large sourire, sa voix rauque, son mouchoir blanc mouillé de sueur. Certains lui reprochèrent de jouer le rôle d’un inoffensif « oncle Tom », ayant fait des concessions à Hollywood et à Broadway.
En 1938, il enregistre une série de « negro spirituals » en compagnie des choeurs de Lyn MURRAY.

23. »Nobody knows the trouble l’ve seen » – Louis ARMSTRONG & Decca Mixed Choir – New York City, 14-06-1938
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – inconnus (p, g, b, dm) – Lyn MURRAY (cond, arr)
Disque : CD F&A 001 – 2 (3’10)

– BIRD : Sa voix chaude et sobre est vraiment prenante. Je crois qu’en tant que chanteur on peut le mettre à égalité avec Ray CHARLES.

– CAT : Nous arrivons à la période du « New Orleans Revival » que nous étudierons plus en détail lors d’un prochain entretien. Sache cependant que vers 1940 un mouvement de retour aux sources se dessine et que les pionniers du début réapparaissent sur la scène du jazz. Dans cet esprit, Louis enregistre quelques très belles faces avec son égal Sidney BECHET et son ami Zutty SINGLETON.

24. « Perdido Street Blues » – Louis ARMSTRONG with Sidney BECHET – 1940
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp) – Claude JONES (tb) – Sidney BECHET (cl,ss) – Luis RUSSELL (p) – Bernard ADDISON (g) – Wellman BRAND (b) – Zutty SINGLETON (dm).
Disque : Dec. DL 8283 – A2 (2’57)

– BIRD : Il est dommage que Sidney et Louis n’aient pas enregistré plus souvent ensemble, car ils se soutiennent mutuellement d’une façon admirable.

– CAT : A partir des années 30, les revues américaines Metronome et Esquire organisent tous les ans un référendum auprès de leurs lecteurs destiné à élire les meilleurs musiciens de jazz de l’année. Quelques-uns des lauréats sont réunis dans les studios de grandes firmes d’enregistrement pour graver un disque. Nous pourrons reparler de ces séances ultérieurement. Tout cela pour dire qu’en janvier 1944, ARMSTRONG est la vedette d’un concert Esquire donné au Metropolitan Opera. Il est entouré d’une belle brochette de musiciens : Roy ELDRIDGE (tp), Jack TEAGARDEN (tb), Coleman HAWKINS (st), Lionel HAMPTON (vb), Art TATUM (p), Al CASEY (g), Oscar PETTIFORD (b) et Sidney CATLETT (dm). Il remet çà en 1946, accompagné par des membres de l’orchestre de Duke ELLINGTON qui le présente.

25. « Long Long Journey » – Esquire All American Award Winners – New York, 10-01-1946
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Charlie SHAVERS (tp) – Jimmy HAMILTON (cl) – Johnny HODGES (sa) – Don BYAs (st) – Duke ELLINGTON (p, intro. Parlée) – Billy STRAYHORN (p) – Remo PALMIERI (g) – Chubby JACKSON (b) – Sonny GREER (dm) – Leonard FEATHER (arr)
Disque : CD1 FA 5050 – 20 (4’38)

– CAT : La période qui s’ouvre, à partir de 1945, sera celle du retour au groupement du type « Hot Five« . En effet, étant donné le déclin des « big bands« , « Satchmo » abandonne définitivement la grande formation. Il se produit avec un petit ensemble au « Metropolitan Opera« , à « Town Hall« . A partir de 1947, il apparaît presque chaque année avec une nouvelle formation « AlI-Star » dans laquelle ont défilé des musiciens tels que le pianiste Earl HINES, le trombone blanc Jack TEAGARDEN, les batteurs Sidlett CATLETT et Cozy COLE et l’incontournable Barney BIGARD à la clarinette.

26. « Back o’Town Blues » – Louis ARMSTRONG and his All-Stars – New York, 26/1/1944
Pers. : Louis ARMSTRONG, Roy ELDRIDGE (tp) – Jack TEAGARDEN (tb) – Barney BIGARD (cl) – Coleman HAWKINS (ts) – Lionel HAMPTON (vib) – Art CASEY (g) – Oscar PETTIFORD (b) – Sidney CATLETT (dm).
Disque : 30 JA 5102 – Al (3’33)

– BIRD : L’équilibre sonore est amélioré par rapport aux groupes des années vingt, par contre il semble que Louis a perdu en spontanéité ?

– CAT : Après la guerre et durant les années 1950 et 1960, il entreprend de nombreuses tournées à travers le monde dont certaines sont organisées par le Département d’Etat américain, faisant de lui un ambassadeur musical. Un disque au titre évocateur est d’ailleurs sorti à l’époque : « Ambassador Satch« . Il visite l’Europe chaque année mais il se produit également au Japon (1953), en Australie (1954), au Canada, à la Jamaïque, en Amérique latine (1957), en Afrique et en U.R.S.S. (1965).
Lors de sa première tournée européenne d’après guerre, le « All-Stars » d’ARMSTRONG fait un tabac au festival de Nice de 1948. Le morceau suivant met bien en valeur le jeu admirable d’Earl HINES dans son introduction et dans son accompagnement de « Pops ». Les autres musiciens sont immédiatement reconnaissables à leur façon de traiter leur instrument : TEAGARDEN au trombone est l’un des seuls musiciens blancs à avoir assimiler complètement la culture musicale afro-américaine, Barney BIGARD à la sonorité ample et chatoyante, sans oublier la partie rythmique où Arvell SHAW s’affirme par rapport à ses premiers enregistrements, et Sidney CATLETT à la batterie qui clôture en beauté.

27. « Panama » – Louis ARMSTRONG and his All-Stars – Nice, février 1948
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp) – Jack TEAGARDEn (tb) – Barney BIGARD (cl) – Earl HINES (p) – Arvell SHAW (b) – Sidney CATLETT (dm)
Disque : 30 JA 5154 – A1 (4’22)

– BIRD : C’est encore un grand moment de bonheur dans la carrière de ce génie de la trompette.

– CAT : Parmi ses derniers grands enregistrements créatifs on peut retenir les disques « Louis Arsmtrong Plays W.C. Handy » (1954) et « Satch Plays Fats » (1955) dans lesquels il reprend des mélodies et des blues de ces deux grands compositeurs. Ici, Trummy YOUNG, remarquable technicien, qui peut passer, en se jouant, de la brutalité à la douceur, remplace TEAGARDEN au trombone et Billy KYLE, au swing incisif, prend la place de HINES.

28. « Yellow Dog Blues » – Louis ARMSTRONG and his All Stars, 1954
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Trummy YOUNG (tb) – Barney BIGARD (cl) – Billy KYLE (p) – Arvell SHAW (b) – Barrett DEEMS (dm)
Disque : Ph. B 07796 R – A2 (‘’17)

– BIRD : C’est l’harmonie parfaite et le retour au plus pur style « New Orleans » !

– CAT : A retenir également les trois albums avec Ella FITZGERALD : « Ella and Louis » (1956), « Ella and Louis Again » (1957) et « Porgy and Bess » (1958). Voici un extrait de « Ella and Louis« . Ils sont soutenus, avec beaucoup de finesse, par le quartette du pianiste Oscar PETERSON.

29. « They can’t take that away from me » – Ella FITZGERALD & Louis ARMSTRONG, 1956
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Ella FITZGERALD (voc) – Oscar PETERSON (p) – Herb ELLIS (g) – Ray BROWN (b) – Buddy RICH (dm)
Disque : Verve 825 373-2 – piste 4 (4’39)

– BIRD : Quand deux artistes de cette valeur se rencontrent, c’est le nirvana !

– CAT : En 1964, Armstrong, âgé de 63 ans, détrône les Beatles et leur « Can’t Buy Me Love » du top du hit-parade « Billboard Top 100 » avec « Hello, Dolly« . C’est le plus vieil artiste à avoir conquis ce titre.

30. « Hello, Dolly » – Louis ARMSTRONG & his All-Stars – New York City, 03-12-1963
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Trummy YOUNG (tb) – Joe DAREMBOURG (cl) – Billy KYLE (p) – Tony GATTUBO (bj) – Arwell SHAW (b) – Danny BARCELONA (dm) – string section
Disque : MCA 257 135-2 – CD – piste 1 (2’25)

– Cat : En 1968, il marque un dernier succès au Royaume-Uni avec une chanson pop sentimentale : « What a Wonderful World » qui sera reprise en 1987 dans le film « Good Morning Vietnam« .

31. « What a Wonderful World » – Louis ARMSTRONG & his Orchestra– New York City, 16-06-1967
Pers. : Louis ARMSTRONG (vcl) acc. by Joe WILDER, Clark TERRY (tp) Urbie GREEN, J.J. JOHNSON (tb) Sam MAROWITZ (cl,sa,fl) Dan TRIMBOLI (fl,sa,st) Jerome RICHARDSON (fl,cl,st) Raymond STANFIELD (sb) Hank JONES (p) Allen HANLON, Art RYERSON, Willard SUKYER (g) Russell SAVAKUS (b) Grady TATE (dm) Warren HARD (perc) + unknown string section, Tommy GOODMAN (arr,cond)
Disque : MCA 257 135-2 – CD – piste 13 (2’18)

– BIRD : Cela ne vaut pas les « Hot-Five » et « Hot-Seven« , ni les certains « All-Stars« . De cet entretien, je déduit que « Satchmo » n’hésitait pas à s’attaquer à tout type de musiques, du « blues » le plus pur aux arrangements sirupeux des standards en vogue, aux chansons folkloriques latino-américaines et même à l’opéra si l’on pense à son célèbre « Make the Knife » tiré de l’Opéra de Quat’sous de Kurt WEILL

32. « Make the Knife (Mackie Messer) » – Louis ARMSTRONG and his All-Stars, Milan, 22-12-1955
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Trummy YOUNG (tb) – Edmund HALL (cl) – Billy KYLE (p) – Arvell SHAW (b) – Barrett DEEMS (dm)
Disque : Ph. 429 127 BE – B2 (3’22)

– CAT : Son oeuvre musicale est si considérable qu’il m’est impossible de la cerner entièrement. Aussi je te laisse le soin de la découvrir par toi-même.
Mais avant de conclure cet entretien, je voudrais te parler de l’homme. Certains de ses congénères lui ont reproché de se prêter au jeu de l’oncle Tom, en caricaturant les « Minstrels » et en adoptant, sous l’instigation de ses managers, un exhibitionnisme assez mal venu.
Il fut critiqué lorsqu’il accepta le titre de « Roi des Zulus » pour le Mardi Gras en 1949 et parce qu’il ne prenait pas assez parti pour le mouvement des droits civiques des Noirs. Pourtant, c’était un des principaux défenseurs de Martin Luther KING Jr. Il préférait agir tranquillement en dehors de la scène et ne pas mélanger travail et politique. Lors de l’affaire de Little Rock , en Arkansas en 1957, il critiqua ouvertement le président EISENHOWER en le traitant de « double face » et de « mou » en raison de son inaction dans ce conflit discriminatoire. Il annula sa tournée en URSS, organisée par le Département d’Etat en disant : « Etant donné la façon dont ils traitent mon peuple dans le Sud, le gouvernement peut aller en enfer ».

– BIRD : Oui, bien sûr, ce n’est pas Malcom X, mais sa musique est tout de même un message d’espoir pour tout un peuple et sa carrière est la preuve qu’un afro-américain peut atteindre les plus hauts sommets de la gloire.

– CAT : Le 6 juillet 1971, le milieu du jazz perdit l’un de ses plus grands musiciens. « Satchmo » quitta ce monde à la suite d’une crise cardiaque, la nuit suivant son célèbre show à l’ »Empire Room » du « Waldorf Astoria« . Il avait prit ses dispositions pour qu’après sa mort et celle de son épouse Lucille, une fondation pour l’éducation musicale des enfants défavorisés soit créée et pour que sa maison et des archives substantielles (écrits, livres, enregistrements et souvenirs) soient léguées au « Queens College » de la « City University of New York« . Sa maison, transformée en musée, est accessible depuis le 15 octobre 2003.
Quant à sa discographie, on estime qu’il enregistrera de 1947 à la fin des années 1960 environs 1.500 titres, dont beaucoup sont de pures merveilles. Pour s’en convaincre, il suffit de citer l’album de 4 disques intitulé « Musical Autobiography » qui reprend de nouveaux arrangements de ses œuvres majeures.

33. « St Louis Blues » – Louis Armstrong’s AIl Stars – 7/1954.
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Trummy YOUNG (tb) – Barney BIGARD (cl) – Billy KYLE (p) – Arvell SHAW (b) – Barrett DEEMS (dm) – Velma MIDDLETON (voc).
Disque : Ph. B07796 R – Al (8’39)

– CAT : « Satchmo » a tenu un rôle indéniable dans l’histoire du jazz. Il a ouvert une nouvelle voie pour les musiciens qui le suivent. En effet, compte tenu de l’époque, il a eu en 1925 la témérité des grands jazzmen des années 1940-41 qui lancèrent le style moderne. Ce virtuose de la trompette, au son unique et au talent extraordinaire pour l’improvisation influença bon nombre de trompettistes, comme Jabbo SMITH, improvisateur tonique ; Henry Red ALLEN, le plus proche disciple et le plus avant-gardiste ; Doc CHEATHAM, Bill COLEMAN, Hot Lips PAGE, Jonah JONES et surtout Roy ELDRIDGE, qui a fait la transition entre le « Swing » et le « Be-Bop ».

– BIRD : Cet entretien m’a fait découvrir un homme attachant de qui se dégageait une grande générosité et qui ne mérite pas les critiques qui lui ont été faites. De ce pas, je vais me procurer quelques-uns de ses enregistrements les plus marquants de sa carrière.

– Cat : Finissons en beauté avec « Royal Garden Blues« , lors de son concert au « Concertgebouw » d’Amsterdam, en 1955, morceau tiré de l’album « Ambassador Satch« .

34. « Royal Garden Blues » – Louis ARMSTRONG and his All-Stars, Concertgebouw, Amsterdam, 1955
Pers. : Louis ARMSTRONG (tp, voc) – Trummy YOUNG (tb) – Edmond HALL (cl) – Billy KYLE (p) – Arvell SHAW (b) – Barrett DEEMS (dm)
Disque : Ph. B 07138 L – A1 (5’09)

DISCOGRAPHIE

1) Young Louis ARMSTRONG – Red Onion Jazz Babies
Riverside Jazz Archive RLP 12.101 – 30 cm, 33T

2) Young Louis ARMSTRONG – Red Onion Jazz Babies
Riverside RLP 12-101 – 30 cm, 33T

3) The complete King Oliver’s Creole Jazz Band
MN 30296 – 2CD

4) Louis ARMSTRONG – King Louis
Proper P1469 – 4CD

5) My Good Old Good Ones – Louis ARMSTRONG
Fontana 467.104 TE – 45RPM

6) Louis ARMSTRONG V.S.O.P. Vol. 3/4
CBS 88002.– 30 cm, 33T

7) Jazz Blues – Louis ARMSTRONG
Cedar WIS CD 604 – CD

8) Louis ARMSTRONG and his Orchestra
Philips 429 098 BE – 45RPM

9) Rare Louis ARMSTRONG
Jazz Anthology 30 JA 5116 – 30 cm, 33T

10) Collector’s Classics
Brunswick 87 503 LPBM – 30 cm, 33T

11) Louis ARMSTRONG Gospel 1931 – 1941
Fremeaux & Associés F&A 001 – CD
12) New Orleans Jazz
Decca DL 8283 – 30 cm, 33T

13) Summit Meetings Metronome All Stars / Esquire All Stars
Frémeaux & Associés FA 5050 – 2CD

14) Louis ARMSTRONG – The Immortal Live Sessions 1944/1947
Jazz Anthology 30 JA 5102 – 30 cm, 323T

15) Louis ARMSTRONG – Integral Nice Concert – 1948 – Vol. 1
Jazz Anthology 30 JA 5154 – 30 cm, 33T

16) Louis Armstrong plays W.C. Handy
Philips B 07796 R – 25 cm, 33T

17) Ella & Louis
Verve 825 373-2 – CD

18) Hello Louis !
MCA 257 135-2 – CD

19) Take it, Satch !
Philips 429 127 BE – 45RPM

20) Ambassador Satch
Philips B 07138 L – 30 cm, 33T

BIBLIOGRAPHIE

1. ARMSTRONG L. (1952) – Ma Nouvelle-Orléans Julliard, Paris

2. ARNAUD G., CHESNEL J. (1989) – Les grands créateurs de Jazz, Bordas, Les Compacts.

3. BERENDT J.E. (1963) – Le Jazz des origines à nos jours, Petite bibliothèque Payot No 49, Paris.

4. CARLES P., CLERGEAT A., COMOLLI J.-L. (1988) – Dictionnaire du Jazz, Robert Laffont, Coll. « Bouquins ».

5. Collectif (2006) – Martin Luther King (1929-1968) – L’apôtre de la non-violence, Le Monde et E.J.L., Librio, n° 759.

6. GOFFIN R. (1948) – Nouvelle histoire du jazz – Du Congo au Bebop Ed. « L’Ecran du monde », Bruxelles – « Les Deux Sirènes », Paris

7. HEUVELMANS B. (1951) – De la Bamboula au Be-Bop, Ed. de la main jetée, Paris.

8. MAISON L (1962) – Les maîtres du jazz – Presses universitaires de France – Collection « Que sais-je? » No 548.

9. PANASSIE H. (1959) – Histoire du vrai jazz – R. Laffont, Paris.

10. SANDVED K.B. – version française BERNARD A.-M. (1958) – Le Monde de la Musique, Editions Le Sphinx, Bruxelles.

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