Qui est Dieu ?

Jean SolerQui est Dieu ?, Editions de Fallois, 2012 (lecture, août 2012)

En cette période troublée par les manifestations hystériques des « fous de dieu » de tous poils, il est nécessaire de remettre les choses à plat. Le livre de Jean Soler tombe à point nommé, à ce sujet. Cet agrégé des lettres, ancien conseillé culturel auprès de l’ambassade de France en Israël (1969-1973 et 1989-1993) a passé sa vie à lire, traduire et éplucher les textes fondateurs du monothéisme. Il en est résulté un essai en trois volumes sous le titre général « Aux origines du Dieu unique ». Le petit livre décapant que j’ai lu est une synthèse de son œuvre précédente, destiné à un public plus large. L’auteur s’y attaque aux trois religions monothéistes, mais la critique est centrée sur sa matrice, c’est-à-dire le judaïsme. Il ne se répand pas, va à l’essentiel. Certes son propos dérange les affidés des trois religions monothéistes, mais elle est dépurative dans cette période où l’on veut nous imposer des certitudes douteuses par tous les moyens.

 

Jean Soler s’inscrit dans la lignée de l’école française exégétique biblique, dont Richard Simon, un contemporain de Bossuet, fut le fondateur, il y a quatre siècles. On y trouve des personnages comme le curé Meslier[1], le baron d’Holbach[2], l’anarchiste Proudhon[3], Charles Guignebert[4], Paul-Louis Couchoud[5]. Cette lignée de penseurs fut toujours passée sous silence par les philosophes et érudits bien pensants de notre monde imprégné de judéo-christianisme. En effet, les propos choquent lorsque que l’on ose nier l’existence historique de Jésus ou que l’on s’attaque à l’analyse autorisée des textes dits sacrés : Tora, Bible, Coran.

 

D’entrée de jeu, Soler annonce dans son avant-propos :

 

« Mon but est de porter sur la place publique, sous une forme plus ramassée et plus percutante, des idées que j’ai avancées dans des livres dont les critiques n’ont pas rendu compte, sans doute parce qu’ils dérangent leurs certitudes ou pour ne pas déplaire à certains milieux » (p. 7).

 

Dans le corps de ce petit essai, il démonte six idées reçues.

 

  • Première idée reçue : la Bible dépase en ancienneté les autres livres fondateurs.

Faux : les philosophes ne s’inspirent pas de l’Ancien Testament :

 

« La Bible est ainsi contemporaine, pour l’essentiel, de l’enseignement de Socrate et des œuvres de Platon. Remaniée et complétée plus tard, elle est même, en grande partie, une œuvre de l’époque hellénistique » (p. 12).

 

  • Deuxième idée reçue : la Bible a fait connaître à l’humanité le Dieu unique, le « vrai Dieu ».

Faux : la Bible enseigne le polythéisme et « Iahvé », le dieu des Juifs, est l’un des dieux du panthéon. C’est un dieu national qui annonce qu’il sera fidèle au peuple juif si celui-ci lui reste acquis. La religion juive n’est pas monothéiste mais monolâtrique. Elle enseigne la préférence d’un dieu parmi d’autres.

 

« De toutes ces données, on peut conclure qu’au Ve siècle avant notre ère, au temps de Périclès, quand une notable partie de la Bible était rédigée, les Juifs n’étaient pas encore monothéistes » (p. 17).

 

« Leurs récits [des Hébreux], confrontés aux données archéologiques et épigraphiques, attestent qu’au Ve siècle encore le peuple vénérait, à côté de Iahvé, d’autres dieux et d’autres déesses » (p. 61)..

 

  • Troisième idée reçue : la Bible a donné le premier exemple d’une morale universelle.

Faux : ses prescriptions ne regardent pas l’universel, l’humanité, mais la tribu, le local, dont il faut assurer l’être, la durée, la cohésion et la survie du peuple. L’amour du prochain se limite à son voisin, à l’Hébreu. Pour les autres, l’élimination et la mise à mort sont mêmes conseillées. Cette analyse est également valable pour les préceptes du Coran.

 

  • Quatrième idée reçue : les prophètes ont promu une forme spiritualisée du culte hébraïque.

Faux : pour les hommes de la Bible, il n’y pas de vie après la mort, ni de résurrection.

 

« L’idée d’une résurrection des morts à la fin des temps, empruntée aux Perses, n’apparaît dans le judaïsme qu’au IIe siècle avant notre ère, et elle est contestée par les tenants de la religion traditionnelle : les prêtres et le parti du Temple. Quant à l’idée de l’immortalité de l’âme, empruntée aux Grecs, elle est plus tardive encore : aucun livre de la Bible hébraïque n’en fait état » (p. 21).

 

  • Cinquième idée reçue : le Cantique des Cantiques célèbre l’amour réciproque de Dieu et du peuple juif.

Faux : ce texte est tout simplement un poème d’amour. S’il devait être allégorique, ce serait le seul livre crypté de la Bible.

 

« Le Cantique des Cantiques est un recueil de poèmes centré sur l’amour charnel de deux adolescents en dehors du mariage » (pp. 22-23).

 

  • Sixième idée reçue : Dieu a confié aux Juifs une mission au service de l’humanité.

Faux : car parmi les exigences du dieu figure, au premier rang, l’interdit des mélanges avec les autres peuples, d’où les interdits alimentaires, les lois et les règles, l’interdiction des mélanges de sang, donc des mariages mixtes. Ce dieu a voulu la ségrégation, il a interdit la possibilité de la conversion, l’idée de traiter avec les nations étrangères, et il ne vise pas autre chose que la constitution identitaire d’un peuple. Ce dieu est ethnique, national, identitaire.

 

« Ce qui caractérise le peuple juif de l’Antiquité, celui dont la Bible est le livre sacré, n’est pas la vocation à l’universel mais, bien au contraire, « l’esprit de singularité » » (p. 26).

 

  • Septième idée reçue : les Hébreus étaient universalistes, comme l’atteste le commandement « Tu aimeras l’étranger comme toi-même ».

Faux : car le terme hébreu « étranger » désigne exclusivement ceux qui travaillent pour les Hébreux. Lorsqu’il s’agit d’un étranger qui réside ailleurs le terme est différent et l’attitude prescrite vis-à-vis de celui-ci est toute autre. : il est interdit d’épouser ses enfants, de partager ses repas, de l’admettre dans le Temple de Iavhé.

 

Jean Soler termine ce premier chapitre en démontrant qu’en fait, « la Bible est un livre comme les autres, à l’égal de l’Iliade et de l’Odyssée », et que Moïse et Abraham sont des personnages de fiction au même titre qu’Achille et Priam. Donc, les trois religions monothéistes n’ont plus d’assise sacrée. Jésus n’aurait pas existé sans les personnages mythiques de Moïse et d’Abraham, et Mahomet non plus.

 

« En attendant, c’est le « retour du religieux », ce combat d’arrière-garde, qui encombre l’horizon et obture les esprits. Le religieux peut être anodin et même consolateur. Mais il peut être dangereux si l’on prend au pied de la lettre des textes qu’on déclare sacrés sans être capable de les comprendre. Comprendre nécesite un réel effort, un certain recul, un doute minimal, et le sens du relatif.

C’est dans la croyance monothéiste que réside le danger le plus grand. Car si la Vérité est Une, comme Dieu, et si l’on est certain de la posséder, les autres sont dans l’erreur. Il apparaît, en particulier, intolérable que la Vérité, puisqu’elle est unique, soit exprimée en trois versions. Deux sont de trop. Et l’on peut éprouver, de bonne foi, en toute logique, la tentation et même le devoir, comme un impératif absolu, de faire prévaloir, au besoin par la violence, la vraie version de la Vérité. Au nom du Vrai Dieu » (pp. 28-29).

 

Ce passage est une admirable synthèse de ce qui se passe actuellement dans le monde, où l’on voit s’affronter dans la violence des partisans de l’une ou l’autre confession. Cela se traduit plus particulièrement dans le monde musulman où les intégristes cherchent à prendre le pouvoir et à restaurer la charria et à imposer des régimes didactoriaux dans des états islamiques. Plus sournoisement, ce même état d’esprit existe dans la mouvance chrétienne et l’on voit aux Etats-Unis, l’importance du lobby baptiste qui cherche à imposer des lois antidémocratiques.

 

Dans son deuxième chapitre, Jean Soler se pose la question de « comprendre depuis quand et pourquoi les Juifs de l’Antiquité ont admis comme un dogme qu’il n’existe et ne peut exister qu’un dieu, alors que jusque-là, dans toutes les sociétés connues de nous, le monde divin se caractérisait par la pluralité et la diversité des êtres surnaturels » (p. 31).

 

Au départ, comme on l’a déjà vu dans le premier chapitre, le dieu vénéré par les Juifs est un dieu ethnique et national, choisi parmi d’autres, qui prend en charge le « peuple élu ». « Iahvé » « se soucit avant tout de sauver son peuple de l’esclavage où il est réduit en Egypte » (p. 33). Ce dieu ne se présente pas comme unique et étant celui de tous les peuples. De plus, les Dix Commandements « ne sont pas les impératifs d’une morale universelle mais des règles de conduite destinées à assurer la cohésion du peuple pour qu’il puisse mieux faire face à l’adversité » (p. 34).

On peut parler de monolâtrie qui « est le culte rendu à un dieu de préférence aux autres, sans nier pour autant l’existence des autres dieux, dont certains ont un rapport privilégiés, eux aussi, avec d’autres peuples » (p. 34).

 

Ce dieu privilégié est avant tout un dieu guerrier. Ainsi, « chaque peuple attribue ses succès, surtout ses succès militaires, au dieu avec lequel il a fait alliance, et il a tendance à penser que son dieu est le plus grand des dieux » (p. 35).

 

La question se pose de savoir quand le monothéisme véritable est apparu.

 

« Dans ces conditions, comment se fait-il que le peuple juif soit à l’origine de la croyance en un Dieu unique ? Si cette dernière ne remonte pas à Moïse, quand est-elle apparue et dans quel environnement ? » (p. 36).

 

Pour ramasser cette idée dans une formule-choc, Jean Soler écrit : « Moïse ne croyait pas en Dieu. » Le même Moïse, bien que scribe de la Torah, ne savait pas écrire : les Hébreux n’écrivent leur langue qu’à partir du IXe ou du VIIIe siècle. Si Yahvé avait écrit les Dix Commandements de sa main, le texte n’aurait pas pu être déchiffré avant plusieurs siècles.

 

« La thèse que je soutiens, nous dit Jean Soler, est que la croyance en un Dieu unique est apparue quand l’échec de l’alliance s’est révélé patent et qu’il a fallu trouver une explication crédible à cet échec » (p. 38).

 

Quels étaient les succès dont les Israélites accréditaient leur dieu privilégié ?

–        la sortie d’Egypte ;

–        la conquête de Canaan ;

–        la constitution d’un puissant royaume sous l’autorité de David puis de son fils Salomon.

 

Malheureusement, il n’existe aucune preuve archéologique de la sortie d’Egypte et de l’errance du peuple juif pendant 40 ans. Pas plus que pour la guerre éclair lors de la conquête de Canaan. Enfin, aucun vestige archéologique ou document datant du royaume  des deux rois n’a été retrouvé, pas plus que dans les annales des pays voisins.

 

Selon la Bible, la première catastrophe (shoah) qui frappa le peuple juif fut la sécession de 10 des 12 tributs à la mort de Salomon créant ainsi deux états rivaux, conséquence du laxisme du roi qui avait toléré, à Jérusalem même, le culte d’autres divinités.

La deuxième catastrophe est la disparition de la Samarie lors de son invasion à la fin du VIIIe siècle avant J.-C. par les Assyriens. Celle-ci est également justifié par la trahison de ses souverains qui auraient introduit le culte des dieux étrangers.

La troisième se produira au VIIe siècle avant J.-C., lorsque les Babyloniens soumettront le royaume du Sud en détruisant Jérusalem. Sous le régime perse, qui les libère de leur exil babylonien, les Israélites espéraient, vainement, reconstituer leur ancien royaume.

 

Ces différents revers sont malgré tout l’œuvre de Iavhé, dieu jaloux qui ne tolère pas de rivaux ; idée qui prévalu aux alentours de 620 avant J.-C. sous le règne de Josias « dans l’espoir d’empêcher Jérusalem de subir le sort de Samarie » (pp. 41-42)

 

« L’histoire des Juifs est une suite d’échecs, une série continue de défaites, souvent occasionnées par l’illusion qu’ils pourront l’emporter sur des ennemis plus nombreux et plus puissants car leur dieu les assistera de sa « main forte », comme dit la Bible » (p. 97).

 

Curieusement, l’historien grec Hérodote qui pourtant a beaucoup voyagé dans ces régions n’a jamais entendu parler des Juifs, ni de leur religion, ni du temple que soit disant ils avaient reconstruit à Jérusalem après leur retour de Babylone.

 

« C’est pourtant dans cette période, sous la domination des Perses, que les Juifs ont conçu une religion tout à fait nouvelle, le monothéisme » (p. 40).

 

Pour comprendre, il faut avant tout renoncer « aux notions de Révélations et de Livres sacrés, même si l’on croit en « Dieu » » (p. 40).

 

« C’est, selon notre auteur, l’échec répété de cette ethnie, malgré son alliance avec un dieu présenté comme le plus grand des dieux, qui est à l’origine de la révolution monothéisme » (pp. 40-41).

 

« Une crise intellectuelle s’est faite jour et s’est accentuée. Pour la surmonter, il n’y avait que deux voies : abandonner la doctrine traditionnelle et sacrifier le passé, ou trouver une idée radicalement neuve capable de sauver, à la fois, le peuple et son dieu. Cette idée a été le monothéisme » (p. 48).

 

« L’adoption du monothéisme par les Juifs a modifié du tout au tout leur vision du monde. Il n’y avait plus lieu d’interpréter l’Histoire en termes de rivalités entre dieux protégeant et aidant chacun son peuple. Comparer, en particulier, le dieu des Juifs et le dieu des Perses n’avait plus de sens : c’était le même dieu, le Dieu Unique, qui favorisait, selon des desseins connus de lui seul, tantôt un peuple et tantôt un autre » (p. 48).

 

« C’est ainsi que les Juifs ont changé de religion, sans attribuer nulle part cette innovation à une interprétation divine. Ils ont cru (ou laissé croire), pour raccorder le présent au passé, que cette vue nouvelle tenue pour la Vérité remontait au Sinaï. Et ils ont apporté dans ce sens quelques corrections à la Bible » (p. 49).

 

Malgré cela, le Dieu Unique reste un dieu ethnique.

Ce sont les premiers chrétiens qui ont coupé les racines ethniques de Dieu. C’est Paul qui prône l’extension  aux non-juifs de la religion des Juifs. Au début du IVe siècle de notre ère, c’est sous le règne de l’empereur romain Constantin, qui s’est converti au christiannisme, que le dieu des Juifs est devenu celui des Romains, puis des Européens et des peuples qu’ils ont soumis. Ensuite, l’islam qui s’appuie également sur son attachement à un dieu unique emprunté aux Juifs et aux chrétiens, triomphe en fédérant autour de l’enseignement de Mahomet, les tribus arabes jusqu’alors divisées.

 

« Le fait que le monothéisme ne puisse se passer, quoi qu’en disent les théologiens, d’un enracinement national explique qu’aujourd’hui encore, des peuples qui affirment vénérer le même Dieu se livrent à des luttes implacables pour faire prévaloir leur propre conception du Dieu Un » (p. 51).

 

Dans le troisième chapitre de ce petit essai, Soler pose la question « Qui est Dieu ? ».

 

« Quand on parle de Dieu, il faut savoir de quoi l’on parle. Cessons d’entretenir la confusion dans un domaine qui ne s’y prête que trop. Le mot « Dieu » ne peut désigner que la divinité adoptée par les trois religions « monothéistes », laquelle a pour trait principal d’être conçue comme unique » (p.  53).

 

« Le monothéisme est un phénomène culturel apparu d’abord chez les Juifs, et pourvu, comme beaucoup d’événements historiques, d’un caractère aléatoire, imprédictible : il aurait pu ne pas exister. Ses développements sont dépourvus eux-mêmes de nécessité » (p. 53).

 

Comme dans l’évolution biologique, l’apparition du monothéisme est le résultat d’une série de situations contingentes. Si Paul de Tarse n’avait pas eu « ses visions sur le chemin de Damas », il n’aurait pas proner la parole du Christ comme universelle. Si l’empereur romain Constantin ne s’était pas converti au christiannisme et si ses successurs ne l’avaient pas suivi dans cette voie, le christiannisme ne serait pas devenu une religion d’état et n’aurait pas été imposée à tous les peuples de l’Empire, et ainsi de suite. De même pour le judaïsme et l’islam.

 

« […] la conversion au christianisme d’un empereur romain, Constantin, au début du IVe siècle, le christianisme a repris à son compte l’idéologie hébraïque d’un monisme exclusiviste où politique et religion sont indissociables, et où la violence est légitimée » (p. 99).

 

Soler avance également que l’idée de « religion universelle » est fallacieuse. On retrouve dans l’histoire des religions la même erreur qui entachait celle de l’Histoire naturelle : la notion de progrès et d’aboutissement à un point final. Le monothéisme ne constitue pas un progrès intellectuel. Les religions polythéistes seraient tout aussi valables. D’ailleurs, notre auteur associe le polythéisme à la tolérance et le monothéisme à la violence. Un panthéon comme chez les Grecs rend la cohabitation possible et l’ajout d’un nouveau dieu ne pose pas problème ; par contre lorsqu’il y a un seul dieu, les autres sont faux, et il faut les combattre, car le monothéisme affirme : « Tous les dieux sauf un sont inexistants. »

 

« Les civilisations polythéistes ignorent, par nature, l’intolérance religieuse » (p. 100).

 

De plus, « la non-figuration des dieux, loin d’être la preuve d’une religion élevée, épurée, en un mot développée, est un indice d’archaïsme » (p. 57).

 

« Toutes les religions sont anthropomorphes, autrement elles ne pourraient pas exister : il n’y aurait pas de communication possible entre le monde humain et le monde divin » (p. 58).

 

Dans ce chapitre, Soler revient sur l’archéologie du monothéisme.

 

« Iahvé n’est pas Dieu. On continue à confondre le dieu des Hébreux avec le Dieu unique des trois religions monothéistes. Iahvé n’est qu’une divinité parmi d’autres » (p. 60).

 

« […], les Hébreux étaient connus des autres peuples et ils se désignaient eux-mêmes comme le « peuple de Iahvé ». Le dieu confère au peuple son identité. Et, naturellement, chaque peuple est porté à croire que son dieu est plus puissant que les autres ; qu’il l’aidera à l’emporter sur les rivaux et ses ennemis » (p. 60).

 

C’est ce que notre auteur appelle « monolâtrie », c’est-à-dire, « le culte rendu à un dieu de préférence aux autres, sans que soit niée l’existencxe des autres dieux » (p. 61).

 

Jusqu’à quant cette situation a-t-elle perduré, et quant, les Juifs ont-ils adopté le monothéisme ?

 

« Leurs récits [des Hébreux], confrontés aux données archéologiques et épigraphiques, attestent qu’au Ve siècle [av. J.-C.] encore le peuple vénérait, à côté de Iahvé, d’autres dieux et d’autres déesses » (P . 61).

 

Sur la base des différentes données relevées par les chercheurs, il faut admettre que, huit siècles après Moïse, le peuple juif n’était pas monothéiste.

 

A ce stade, Soler cherche à « comprendre les raisons qui ont pu pousser les Juifs de l’Antiquité à changer de religion : à passer du culte de Iahvé, un dieu parmi d’autres, au dogme qu’il ne peut exister qu’un Dieu » (p. 63).

« Ce changement de religion est oblitéré par les tenants des trois monothéismes, qui ont intérêt à penser que c’est le Dieu unique qui s’est révélé aux Hébreux » (p. 63).

 

« L’hypothèse à laquelle [notre spécialiste est] parvenu est que les Juifs ont changé de religion quand le culte de Iahvé ne s’est plus trouvé adapté à un environnement trop sérieusement modifié ; et qu’ils ont été contraints, pour survivre en tant que Juifs, à restructurer sur d’autres bases les croyances qui fondaient leur identité. Aucun peuple ne tend spontanément à changer sa vision du monde, comme aucune espèce animale ne tend d’elle-même à se transformer. La théorie darwinienne de l’Evolution l’a montré. Il a fallu que les Juifs subissent un traumatisme, et même plusieurs, pour qu’ils inventent une religion inédite » (p. 64).

 

Nous revenons à la grande règle générale que pour survivre, il faut s’adapter et que seuls ceux qui y parviennent pourront se perpétuer.

 

« Pour s’adapter à cette situation qui a mis en défaut la monolâtrie hébraïque exclusiviste, il a fallu que les Juifs adoptent, dans la seconde moitié du IVe siècle avant notre ère, une nouvelle mutation théologique qui a été, plus qu’une réforme, une révolution culturelle : le monothéisme » (p. 91).

 

Et pour résumer, Soler est « parti de ce constat :

  1. Aucun peuple avant les Juifs n’a formulé comme une évidence qu’il n’existe qu’un Dieu.
  2. Les Juifs eux-mêmes n’ont fait de cette conviction un dogme devenu central dans leur religion qu’au cours du IVe siècle avant notre ère.
  3. Le monothéisme est apparu chez eux après une longue suite de malheurs.
  4. Il ne provient pas d’une lumière, surnaturelle ou naturelle, qui aurait distingué les Juifs des autres peuples.

Sur cette base, [il a] mis en avant l’influence indirecte mais déterminante de la religion des Perses sur la religion des Juifs, à l’époque de l’Empire achéménide (VIe-IVe siècles avant notre ère). Le monothéisme est né au croisement du parcours de ces deux peuples » (pp. 64-65).

 

Cette idée est reprise dans le quatrième chapitre :

 

« Si l’on écarte les causes surnaturelles, l’évolution de la religion nationale des Juifs relève des mêmes principes d’intelligibilité que l’évolution des êtres vivants selon Darwin. Quand l’environnement d’une espèce (ou d’une idéologie ethnique) devient par trop défavorable, elle ne peut survivre que grâce à des modifications qui ont un caractère contingent : elles auraient pu ne pas se produire » (p. 85).

 

Rappelons les malheurs qui ont touché le peuple juif et l’on finalement poussé à adopter une nouvelle religion.

  1. A la mort de Salomon, séparation du royaume en deux ;
  2. Samarie tombe sous la coupe des Assyriens, vers la fin du VIIIe siècle ;
  3. Invasion de la Judée par les Babyloniens, mettant à bas l’Empire assyrien, et destruction du Temple de Jérusalem.

 

« Si les Israéliens ont subi malheurs sur malheurs, pensent-ils, c’est leur faute. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont suscité la colère de leur dieu, qui les a punis. Cette explication par la cupabilité est fondamentale. Elle imprègne toute la Bible » (p. 68).

 

La religion catholique a repris ce dogme avec la notion de péché originel. C’est peut-être une religion d’amour, mais avant tout c’est une religion qui instille une culpabilité permanente et un rachat par la souffrance. Il suffit de lire la vie des marthyrs ! Les uns sont étripés, les autres brulés vifs ou décapités. Tous les supplices y passent.

 

Pour renforcer leur identité, les Israéliens inventent ou remettent en vigueur des marques identitaires plus contraignantes : circoncision, défense de travailler un jour sur sept, interdits alimentaires, etc.

 

« De là vient une exigence de pureté – un refus total des mélanges, du mixte, de l’hybride – qui est avec le sentiment de culpabilité, l’autre trait dominant de la Tora » (p. 69).

 

Une autre constatation de Soler :

«  […] c’est quand (parce que) le peuple était naufragé et risquait de disparaître corps et biens en tant que peuple biologique, qu’il s’est donné une existence littéraire. Il s’est réfugié dans des livres qui s’aggloméreront peu à peu pour former un écrit unique, l’ « Ecriture », dont le contenu a été arrêté par les rabbins vers l’an 100 de notre ère.

Les Juifs ont matérialisé leur identité dans la Bible. Ils sont devenus le « peuple du Livre » » (p. 75).

 

Le monothéisme est devenu une religion universelle lorsque Paul de Tarse « a tiré les conséquence logiques de l’idéologie nouvelle en affirmant que, s’il n’y a qu’un Dieu, il ne peut être que le Dieu de tous les peuples et de tous les individus […] » (p. 75).

 

De nombreuses sectes s’opposaient les unes aux autres à cette époque. Le judaïsme orthodoxe était représenté par les prêtres du Temple de Jérusalem, soutenus par la secte conservatrice des saduccéens.

 

« Jésus de Nazareth a fondé l’une de ces sectes. Si celle-ci a réussi à faire souche et à se diffuser, ce n’est pas en vertu d’une avancée théologique vers la Vérité mais par les hasards de l’histoire qui ont favorisé ses traits particuliers » (p. 98).

 

« Jésus prêche l’amour des hommes pour tous les hommes – et non plus seulement des Juifs pour les Juifs. La non-violence devient un dogme » (p. 99).

 

« Le christianisme a triomphé parce qu’il a dénationalisé la religion des Juifs, ce qui l’a aidé à devenir avec le temps la religion de l’ensemble pluriethnique et pluriculturel qu’était l’Empire romain » (p. 76).

 

« Rejeter le nationalisme a eu pour effet d’ouvrir le judaïsme à tous les peuples. Une religion ethnique va laisser la place à une religion qui se voudra universelle » (p. 98).

 

« […] le succès du monothéisme est dû également à des causes structurelles. La foi en un seul Dieu introduisait, par rapport aux religions précédentes, une radicale simplification » qui peut se résumer par la formule ; « Tous les dieux en un, tous les hommes égaux devant lui » (pp. 76-77).

 

Ce Dieu unique a été un puissant facteur d’unification dans l’Empire romain comme il le sera plus tard avec Mahomet et ses successeurs, pour fonder un Empire arabe à l’esprit conquérant.

 

Soler en tire une nouvelle constatation :

 

« D’un autre point de vue, cependant, le monothéisme a été une solution de facilité qui a créé des problèmes là  où le polythéisme apportait des solutions, pour le statut de la femme en particulier » (p. 77).

 

En effet, dans le panthéon des religions polythéistes on trouve des divinités féminines auprès desquelles les femmes pouvaient se retrouver. Par contre, le Dieu unique a tous les caractères d’un dieu mâle, qui rejete la femme dans un rôle second.

 

Soler voit actuellement une grave anomalie qui se fait jour.

 

« Les dogmes communs au judaïsme, au christianisme et à l’islam, aussi bien la croyance en un seul Dieu que d’autres convictions plus récentes, n’ont aucune assisse sacrée » (p. 79).

 

Déjà, l’héliocentrisme de Copernic et l’évolutionisme de Darwin avaient provoqué une « blessure narcissique ».

 

« Une troisième blessure narcissique se prépare, en ce début du XXIe siècle, quand il apparaîtra en pleine lumière que les trois milliards de monothéistes recensés ne peuvent invoquer, au fondement de leur foi, un document écrit (l’ « Ecriture ») qui aurait un ancrage (encrage) surnaturel » (p. 80).

 

Finalement, grâce à l’émergence de pays comme la Chine et les autres peuples asiatiques, « Dieu disparaîtra, comme ont disparu avant lui Zeus, Rê ou Ahura-Mazda, après une longue et brillante vie » (p. 80).

 

Le quatrième chapitre va encore plus loin. Soler démontre que le monothéisme engendre la violence et que celle-ci est inscrite dans la Bible. L’interdit de tuer et l’ordre de mettre à mort coexistent dans les commandements transmis par Moïse à son peuple.

Le commandement « Tu ne tueras point » est un commandement tribal, il concerne le peuple juif, et non l’humanité dans sa totalité. Pour preuve, dans l’Exode (32. 26-28) sous l’ordre de Iahvé, Moïse ordonne l’extermination de 3.000 personnes.

Je reprends les propos de Michel Onfray parus dans un article du « Le Point » du 7 juin 2012.

« Dans « Contre Apion », l’historien juif Flavius Josèphe établit au Ier siècle de notre ère une longue liste des raisons qui justifient la peine de mort : adultère, viol, homosexualité, zoophilie, rébellion contre les parents, mensonge sur sa virginité, travail le jour du sabbat, etc.

Jean Soler aborde l’extermination des Cananéens par les Juifs et parle à ce propos d’ « une politique de purification ethnique à l’encontre des nations de Canaan ». Puis il signale que le Livre de Josué précise qu’une trentaine de cités ont été détruites, ce qui lui permet d’affirmer que les Juifs inventent le génocide – « le premier en date dans la littérature mondiale »… Jean Soler poursuit en écrivant que cet acte généalogique « est révélateur de la propension des Hébreux à ce que nous nommons aujourd’hui l’extrémisme ». Toujours soucieux d’opposer Athènes à Jérusalem, Jean Soler note que la Grèce, forte de cent trente cités, n’a jamais vu l’une d’entre elles avoir le désir d’exterminer les autres. »

« La politique de purification divine devait s’accompagner d’une politique de purification ethnique à l’encontre des nations de Canaan » (p. 88).

« Il n’en reste pas moins que, même imaginaire, ce génocide – le premier en date dans la littérature mondiale – est révélateur de la propention des Hébreux à ce que nous nommons aujourd’hui l’extrémisme » (p. 89).

 

« Cette attitude, cette option idéologique – car il s’agit d’un choix et non pas, bien évidemment, d’une détermination génétique – se traduit par des séparations qu’il faut maintenir pour respecter l’ordre du monde voulu par dieu. En tête de celles-ci se trouvent, au nom de la « pureté » qui est le refus des mélanges, deux séparations coordonnées : nous / tous les autres peuples, notre dieu / tous les autres dieux » (p. 90).

 

Soler met en parallèle la civilisation grecque polythéiste et le nouveau projet monothéiste des Hébreux.

 

« Les Grecs étaient dispersés dans de multiples cités autonomes, plus de 130, et pendant les quatre siècles où se sont formées leurs civilisation et leur pensée, d’Homère à Aristote, aucun chef politique, aucun guide religieux, aucun philosophe n’a formulé l’idée qu’il faudrait regrouper tous les Grecs en un seul Etat. Par ailleurs, alors que les Israéliens, à partir de Josias du moins, veulent n’avoir qu’un dieu, dieu de leur seul peuple, les Grecs mettaient en avant, à la même époque, la pluralité de leurs dieux, en insistant sur leurs différences, de sexe, d’âge, de caractère, de compétences et, surtout, ils tenaient ces dieux pour transnationaux » (pp. 92-93).

 

Les Grecs formaient un peuple ouvert à l’inverse des Juifs qui se concevaient « comme un peuple fermé, une ethnie tribale : est juif celui qui descend de l’un des douze fils de Jacob, dit Israël » (p. 93).

 

Les Juifs n’admettent pas les contestataires même au sein de leur propre communauté.au point de les éliminer physiquement.

 

« Une fois de plus, la violence meurtrière, tournée ici par Iahvé contre son propre peuple, sert à manifester ses volontés. La preuve par la mise à mort » (p. 96).

 

« Le judaïsme, du roi Josias à nos jours, consiste à appliquer et à commenter ce que Moïse dit que le dieu lui a dit. Rien de réellement divergent ne peut être soutenu » (p. 96).

 

Il en sera de même lorsque la religion catholique s’imposera.

 

« La violence idéologique – non nécessaire – a été réintroduite ainsi sous toutes ses formes, y compris la plus sanglante, dans la version chrétienne du monothéisme » (p. 101).

« L’Eglise, désormais unifiée et centralisée à Rome, héritière autoproclamée de l’Empire romain d’Occident disparu, a eu recours par ailleurs sans scrupule au devoir religieux de tuer pour supprimer ses dissidents (croisade contre les cathares, Inquisition, guerre contre les protestants…) » (p. 101).

 

Quand aux Juifs d’après la Diaspora, ils se sont basés sur le Talmud pour édicter leur conduite.  Le Talmud n’est pas un ouvrage normatif mais la juxtaposition d’opinions différentes parfois contradictoires sur un même verset de la Bible. Il est sujet à toutes les interprétations ce qui leur a permis de s’adapter aux différents environnements dans lesquels ils ont évolués. Lors de l’établissement de l’Etat juif indépendant en Palestine, « on a vu (on voit sous nos yeux) l’idéologie biblique du peuple élu et de la Terre promise, avec sa propension à la violence, l’emporter peu à peu, dans les lieux où la Bible a été écrite, sur l’enseignement pacifique du Talmud, destiné aux Juifs en exil » (p. 103).

 

Parallèlement aux versions juive et chrétienne du monothéisme, Mahomet a imposé Allah par la guerre aux tribus arabes polythéistes et les a unifiés autour d’un dieu unique. Il s’est comporté en chef religieux, politique et militaire, et ses successeurs se sont lancés à la conquête des pays voisins, étendant de plus en plus loin leur idéologie. Malheureusement la conquête se poursuit par l’intermédiaire des extrémistes de tous bords qui veulent imposer la charria partout dans le monde.

 

On retrouve le schéma judéo-chrétien dans des idéologies qui se disent indemnes de cette religion. Soler pense le communisme et le nazisme dans cette perspective.

 

« En ce qui concerne cette vision, le marxisme est tributaire de la pensée binaire exclusiviste des Hébreux qui découpaient le monde en couples de contraires où le pôle positif – Nous, le Vrai, le Bien… – avait le devoir d’éliminer, au besoin par la violence, le pôle négatif – l’Autre, le Faux, le Mal… – pour rester seul, car il ne peut y avoir qu’une Vérité et qu’un Bien, comme (parce que) il n’y a qu’un dieu […] » (p. 105).

 

Chez Marx, le prolétariat joue le rôle du peuple élu, le monde y est vu en termes d’oppositions entre bien et mal, amis et ennemis, l’apocalypse (la guerre civile) annonce le millénarisme (la société sans classes).

 

Par comparaison, Soler semble trouvé chez les Grecs le modèle exemplaire de la démocratie au sens propre du terme.

 

« Aux yeux des Grecs, l’idée que l’histoire puisse être orientée par une instance transcendante, une seule de surcroît, et dans une direction unique, au bénéfice de l’humanité toute entière, aurait été proprement impensable. Voila pour la vision du monde » (p. 105).

 

« Les Grecs pensaient, pour leur part, surtout dans une cité démocratique comme Athènes, qu’il était possible d’amender une société au moyen de décisions collectives prises à l’issue de libres débats contradictoires où l’on choisit ce qui semble préférable sur telle question, à tel moment, dans telles circonstances, étant entendu qu’aucune loi n’est définie » (p. 107).

 

« Il n’y a jamais eu chez eux de guerre entreprise au nom d’une religion ou d’une idéologie totalitaire » (p. 107).

 

Cette dernière remarque est aussi valable pour les peuples animistes. Les luttes qui les opposent ont d’autres motivations (extension territoriale, ou actuellement guerres économiques entretenues par les grandes puissances).

 

De même chez Hitler, dont Jean Soler montre qu’il n’a jamais été athée mais que, catholique d’éducation, il n’a jamais perdu la foi.

« Si le communisme selon le Manifeste est le modèle hébraïque auquel il ne manque que Dieu, j’ajouterai [Soler], au risque de passer pour un « antisémite notoire », que le nazisme selon Mein Kampf (1924) est le modèle hébraïque auquel il ne manque même pas Dieu » (p. 108).

Hitler est le guide de son peuple, comme Moïse ; le peuple élu n’est pas le peuple juif, mais le peuple allemand ; tout est bon pour assurer la suprématie de cette élection.

« Le Führer emprunte à l’idéologie biblique la valeur suprême accordée à la « pureté », ce qui entraîne la prohibition des mélanges, des mélanges ethniques avant tout » (p. 108).

Les Juifs l’ont bien compris ; « La doctrine religieuse des Juifs est, en première ligne, une instruction tendant à maintenir la pureté du sang juif […]. En réalité, la religion de Moïse n’est rien d’autre que la doctrine de la conservation de la race juive » (p. 109).

 

On retrouve également chez Hitler cette logique de la pensée binaire exclusiviste propre aux Hébreux : « Il ne peut y avoir deux peuples élus, disait-il. Nous somes nous, le peuple de Dieu […] Deux mondes s’affrontent, l’homme de Dieu et l’homme de Satan » (p. 111).

 

Pour conclure ce chapitre Soler nous assène cette phrase choc :

 

« Ainsi, c’est au nom du dieu des Juifs, qu’Hitler a voulu écarter les Juifs de la route du peuple allemand » (p. 111).

 

Et notre auteur termine ce petit essai en rappelant que : « Dans l’histoire de l’humanité, rien n’aura été plus pernicieux que la notion de peuple élu » (p. 112). Malheureusement, elle ressurgit actuellement dans l’Etat d’Israël. De plus il ajoute que la Shoah ne saurait être ce qui est couramment dit « un événement absolument unique, qui excéderait les limites de l’entendement humain. Effort désespéré pour accréditer à tout prix, jusque dans le pire malheur, l’élection par Dieu du peuple juif ! En réalité, l’existence de la Shoah est la preuve irréfutable de la non-existence de Dieu » (p. 112).

 

Soler inscrit la Shoah dans l’histoire, et non dans le mythe. Il lui reconnaît un rôle majeur, mais inédit dans la série des lectures de cet événement terrible : non pas événement inédit, mais preuve définitive de l’inexistence de Dieu – quel esprit assez libre pourra entendre cette lecture philosophique et historique ? (Michel Onfray).

 

Cet essai, ainsi que l’article de Michel Onfray paru dans « Le Point », ont provoqué et provoqueront encore de nombreuses réactions violentes et outrées de la part d’un certain nombre de représentants des trois religions monothéistes, notamment celle du rabinnat français.

 

Une première constation personnelle : la croyance en un Dieu Unique n’est que pure conjecture qui s’est imposée pour des raisons purement politiques et n’est en rien le résultat d’une révélation divine. La politique menée actuellement par l’Etat d’Israel est le reflet de son histoire et de l’adoption du dieu de ses origines : dieu jaloux et vengeur qui tient son peuple sous sa coupe et l’assure de sa différence d’avec les autres peuples. Cela explique peut-être leur impérialisme et leur attitude vis-à-vis de leurs voisins arabes et particulièrment les Palestiniens.

 


[1]  Jean Meslier, ou Mellier, né à Mazerny (Ardennes) le 15 juin 1664, est un prêtre et philosophe des Lumières français, curé d’Étrépigny où il est mort au début de l’été 17291. Son existence n’a été connue qu’à partir de la publication en 1762 par Voltaire, sous le titre de Testament de J. Meslier, d’un texte qu’il présentait comme un extrait d’un texte beaucoup plus volumineux, retrouvé chez lui et dans lequel un curé professait avec détermination son athéisme et se livrait à une critique radicale des injustices de la société de son temps. Ce texte, au titre original de Mémoires des pensées et sentiments de Jean Meslier, est considéré comme le texte fondateur de l’athéisme et de l’anticléricalisme (source Wikipédia) militant en France.

 

[2] Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach, né Paul Heinrich Dietrich von Holbach, né à Edesheim, Rhénanie-Palatinat, le 8 décembre 1723 et mort à Paris le 21 janvier 1789, est un savant et philosophe matérialiste d’origine allemande et d’expression française. Seigneur de Heeze, Leende et Zesgehuchten (Brabant), il était propriétaire du château de Heeze. D’Holbach place l’homme raisonnable au centre de tout et base sa philosophie sur la nature. Son but est de détacher la morale de tout principe religieux pour la déduire des seuls principes naturels. Dans sa synthèse, Système de la nature, il soutient l’athéisme contre toute conception religieuse ou déiste, le matérialisme et le fatalisme (déterminisme scientifique).

 

[3] Pierre-Joseph Proudhon (né le 15 janvier 1809 à Besançon1 dans le Doubs, mort le 19 janvier 1865 à Paris, en France) est un polémiste, journaliste, économiste, philosophe et sociologue français. Il fut le premier à se qualifier d’anarchiste. Il a rendu célèbre la formule « La propriété, c’est le vol »2 qui figure dans son mémoire Qu’est-ce que la propriété ? ou Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement, son premier ouvrage majeur, publié en 1840.

[4]Charles Guignebert, né le 18 juin 1867 à Villeneuve-Saint-Georges1 (actuel Val-de-Marne, alors en Seine-et-Oise), mort le 27 août 1939 à Clamecy (Nièvre), est un historien français des religions, spécialiste de l’histoire du christianisme. C’est, avec Alfred Loisy, un des premiers historiens français qui aient abordé ce sujet de manière scientifique et non confessionnelle.

 

[5] Paul-Louis Couchoud, né à Vienne (Isère) le 6 juillet 1879 et mort à Vienne (Isère) le 8 avril 1959, est un philosophe, médecin, érudit et poète français. Il est connu pour ses poèmes, adaptations du haiku en français, ses directions de publication, ses traductions, et ses écrits illustrant la thèse mythiste de la non-existence historique de Jésus-Christ, incarnation de la deuxième Personne de la Trinité et personnage historique selon les fidèles des différentes branches du christianisme. À la fin de sa vie, il mourut dans la foi, suite à sa rencontre toute récente avec la mystique Marthe Robin. Son ami Jean Guitton en a témoigné lors de ses obsèques.

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