3ème DIALOGUE

 LA MUSIQUE RELIGIEUSE: NEGRO SPIRITUALS. GOSPEL SONGS…

–        Bird : Parmi les disques que j’ai écoutés, j’en trouve un qui est particulièrement intéressant. C’est le « Get on Board » avec Sonny Terry à l’harmonica, Brownie McGhee à la guitare et Coyal McMahan aux maracas. Tous les trois chantent sur ce disque.

          1.  « The midnight special »

                  Pers. : Sonny Terry (harm. voc), Brownie McGhee (g.voc).

                  Disque : Flw. FA 2028 – Al (2’32)

–        Cat : Ce 25 cm Folkways reflète une partie du folklore noir qui retrouve auprès du public européen un succès croissant. En effet, dans les années 1950-1960, des petites marques, telles que Excello, Arhoolie… nous ont permis de découvrir des chanteurs de « country blues » qui interprétaient leurs chansons d’une manière identique à celles que l’on pouvait entendre au début du siècle.

         2.  « Rising Sun »

                  Pers. : Brownie McGhee (g. voc); Sonny Terry (harm, voc)

                  Disque : Flw Fa 2028 A2 (2’36)

–        Bird : Mais sur ce LP, on ne trouve pas que des blues !

–        Cat : Non, et c’est pourquoi je te l’ai prêté, car il donne une idée des différents styles musicaux primitifs que l’on trouve dans le Sud des Etats-Unis. Ceux-ci ont subi une évolution qui se fit dans deux directions : musique religieuse et musique profane, c’est-à-dire spirituals, jubilees, gospel songs d’une part et work songs, blues, d’autre part. Si tu veux, nous parlerons de la musique religieuse cette fois-ci.

         3. « In his care »

                Pers. : Coyal McMahan (voc)

                Disque : Flw FA 2028 A3 (2’31)

–        Cat : En 1620, les pèlerins du « Mayflower » abordent la côte du Massachussetts. Ils apportent avec eux l’aliment de leur Foi : un livre de psaumes du prédicateur John Wesley[1], fondateur du méthodisme.

–        Bird : Oui, ce sont des « Séparatistes » qui ne veulent pas reconnaître la réforme religieuse en Angleterre. Le « Mayflower » quitte Plymouth le 6 septembre 1620 et atteint ce qui deviendra New-Plymouth en Nouvelle-Angleterre le 21 décembre 1620. Ce sont ces « Pilgrims Fathers » qui établiront le « Convenant » : la première Constitution américaine.

–        Cat : Que de précisions !… Quelques années plus tard les puritains anglais apportent à leur tour des psaumes calvinistes. En Louisiane, où la religion des colons français est le catholicisme, c’est le chant grégorien qui donnera le ton à la musique sacrée.

Le plain-chant grégorien dont on attribue à tort la paternité au pape Grégoire 1er, fut codifié trois siècles plus tard, au IXe siècle. Il est l’aboutissement de la pratique du chant monodique ­- à une voix – et de l’art de la polyphonie – plusieurs voix. Essentiellement liturgique, il prend ses origines dans les psaumes judaïques. On peut le diviser en deux grandes catégories : les formes récitatives qui sont des chants déclamés « recto tono » – sur une même note; et les formes mélodiques dans lesquelles domine la vocalise. Les répétitions de phrases, avec ou sans changement de texte, sont fréquentes.

         4.  « Salve Regina » – « chant Grégorien – les quatre antiennes à la Sainte Vierge-Salve Regina (ton solennel 1er mode) »

Choeur des moines de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes.

                  Disque : Decca 461.012 A3 (2’34)

–        Bird : Je crois que nous nous écartons du sujet car je ne vois pas ce que le plain-chant grégorien et le choral luthérien ont de commun avec le folklore afro-américain.

–        Cat : Justement, c’est là que tu fais erreur. Si toute éducation était interdite au Noir – il leur était défendu de lire, d’écrire (exception faite de quelques propriétaires humanistes) – leur évangélisation était cependant considérée comme nécessaire par leurs maîtres, surtout après que l’évêque de Londres ait aboli, en 1727, le principe qu’un chrétien ne pouvait être maintenu en esclavage. De nombreuses religions étaient proposées à ces nouveaux catéchumènes : missionnaires calvinistes, luthériens, baptistes, congrégationnalistes et catholiques anglicans ou romains se firent une concurrence effrénée.

          5. « Prayer meeting »

Enregistré dans la Shiloh Primitive Baptist Church, Bogue Chitto, Alabama (USA)

                 Disque : Flw F-4418 piste 11 (2’03)

–        Cat : Ce que tu viens d’entendre est une partie de la prière qui ouvre généralement un office religieux noir.

–        Bird : Ces différentes congrégations protestantes américaines et autres mènent depuis plusieurs années une campagne d’évangélisation à travers le monde, voulant contrecarrer l’avance de l’islam. Elles profitent de la moindre manifestation sportive ou culturelle pour essayer d’imposer leurs idées conservatrices proches de l’intégrisme[2]. A nouveau, un de leur terrain favorable est la population noire des grandes villes, aussi bien américaines qu’européennes et africaines. Ainsi, lors des jeux olympiques dans les diverses villes retenues, ils se présentèrent en masse afin de faire du prosélytisme actif. C’est le combat que mène George W. Busch, élu de Dieu, contre le Mal représenté par son homologue Ben Laden ! Sais-tu que J.F. Kennedy est le premier président américain catholique (et le seul à ma connaissance), les autres appartenaient à l’une ou l’autre de ces congrégations protestantes généralement baptiste (Carter, Clinton, Bush père et fils) ou étaient francs-maçons !

–        Cat : Effectivement, c’est l’un des dangers qui menacent notre liberté de penser, au même titre que l’intégrisme musulman. Malraux avait prédit que « le XXIe siècle serait religieux, ou ne serait pas ».

Mais arrêtons-là notre digression politico-religieuse car elle pourrait nous entraîner assez loin.

Au cours des cérémonies dominicales, les prêtres et les pasteurs, ayant reconnu la spécificité des voix noires, leur enseignent l’art de chanter les hymnes et les psaumes.

          6. « Dead and gone »

                Pers. : Dock Reed, Vera Hall Ward

                Enregistrement : Tuscaloosa, Alabama (USA).

                Disque : Flw F-4418, piste 2 (1’45)

Dear and gone, Lord ! (2)                                                        Gone to the bone yard (3)

All the friends I have,                                                               Oh my Lord !

Dear and gone !

                                                                                                           Never turn back ! (3)

Gone to the bone yard ! (2)                                                      Oh my Lord !

All the friends I have,

            Dear and gone !                                                                      My poor father ! (3)

                                                                                                           Dear and gone !

My poor mother ! (3)

Dear and gone !                                                                                  Gone to the bone yard ! (3)

Oh my Lord !

–        Cat : Les Noirs accueillent ces différentes formes du christianisme avec enthousiasme, car ils voyaient dans celles-ci des compensations pour la vie à venir, pour les maux soufferts pendant celle-ci. Une religion qui leur permettait de croire en un renversement des conditions du riche et du pauvre, du maître et de l’esclave dans l’autre monde. Ils firent connaissance avec les psaumes et cantiques protestants anglo-saxons, surtout dans les « Camp Meetings », réunions religieuses organisées par les Méthodistes et les Baptistes afin de raviver la foi des pionniers. Le résultat fut ces chants exaltant les vertus cardinales du christianisme : patience, abstention, amour, foi et espoir.

          7. « When l Get home » – Camp Meetin’ Choir. J. Garfield Wilsop, director

                  Disque : MG 25084 Al (2’06)

–        Cat : Au début, les esclaves pouvaient assister, sur  des bancs réservés, aux offices en compagnie des Blancs et y chanter des cantiques et des psaumes tirés de recueils d’hymnes, comme ceux du poète anglais Isaac Watts « The Psalms of David, Imitated » et « Hymns and Spirituals Songs ». La diffusion de ceux-ci est fortement encouragée par le mouvement religieux « The Great Awakering » (le Grand Réveil) qui, dès 1730, tend à remplacer ces psaumes traditionnels par des hymnes plus vivants. Lors de la guerre d’indépendance (1776-1783), seul 3% des esclaves fréquentent les communautés religieuses.

Ecoutons ce chant tel qu’il est interprété dans les petites communautés baptistes de la campagne sudiste. Il s’agit d’un hymne écossais de 1745, transposé en anglais en 1777 et qui est devenu un chant traditionnel de l’église baptiste. Il a été enregistré par Alan Lomax (toujours lui) dans l’église baptiste de la communauté blanche de la petite cité minière et rurale de Blackey au Kentucky.

          8. « Guide Me, O thou Great Jehovah » – Congregation of Mount Olivet Regular Baptist Church, Blackey, Kentucky

                 Leader : Ike Caudill

                 Disque : NW 80294-2, piste 1 (5’43)

Leader :                        Guide me, O thou great Jehovaj,             

                                    Pilgrim through this barren land,

Congregation :  Pilgrim through this barren land,

Leader :                        I am weak but Thou art mighty,

Congregation :  I am weak but Thou art mighty,

Leader :                        Hold me with Thy powerful hands.

Congregation :  Hold me with Thy powerful hands.

                                    Bread of heaven, bread of heaven

                                    Feed me till I want no more.

                                    Open thou the crystal fountains,

                                    Whence the healing streams do flow.

                                    With the fiery cloudy pillar,

                                    Lead me all my journey through.

                                    Strong deliverer, strong deliverer,

                                    Be thou still my strength and shield.

                                    Feed me with the heavenly manna,

                                    In this barren wilderness,

                                    Be my sword and shield and banner…

–        Bird : A l’écoute de ce morceau, je commence à percevoir l’influence que ces hymnes ont pu avoir sur la musique afro-américaine.

–        Cat : Avant la fin du XVIIe siècle, un mouvement pour l’instauration de paroisses noires s’enclenche. Georges Leile est le premier esclave à être autorisé à prêcher en 1774 et à créer la première église noire, l’African Baptist Church de Savannah en Géorgie. Dès 1780, les paroisses noires autonomes se multiplient. Devenus indépendants sur le plan religieux, les Noirs reprennent le répertoire  des Blancs et plus particulièrement les hymnes wesleiens. Ils leur font subir les transformations dont nous avons parlé la dernière fois. Ces chants deviennent les « negro-spirituals« , les « gospel songs« , les « jubilees« . Le premier recueil de « negro-spirituals » (Slaves Songs of the United States) vit le jour en 1867.

          9. « I don’t know what I’d do«  » – Camp Meetin’ Choir. J. Garfield Wilsop, director

                 Disque : MG 25084 A3 (2’33)

–        Cat : Au début, le « spiritual » s’accompagnait souvent d’une danse rituelle, qui prit le nom de « ring shout » (cri en cercle). Les fidèles tournaient en rond l’un derrière l’autre en laissant traîner les pieds. Un ou plusieurs « shouters » (crieurs) entonnaient le chant repris ensuite par l’assemblée. Ce chant comportait des éléments musicaux propres à la communauté blanche : le répons, chant alterné entre l’officiant et les fidèles. Mais la mélodie, quoique construite au début sur la gamme pentatonique, subit dans sa structure générale l’influence du plain-chant grégorien et du choral luthérien. Elle se termine par une figure particulière qui deviendra une des caractéristiques du « spiritual« . Cette figure amène l’accord de fa à celui de do dans la tonalité du do majeur. Elle était employée par les Européens dans leurs hymnes pour notamment harmoniser le mot amen.

         10. « Move Members Move » – Family Hibler, Marian, Mississippi

                   Pers. : Rosie Hibler (voc, leader), family (voc)

                   Disque : Flw F-4418, piste 12 (1’59)

–        Cat : Lorsque les Noirs eurent leurs propres églises, les apports européens se sont vus détournés peu à peu de leur esprit originel : le répons s’africanise, s’ouvre à l’improvisation et les caractéristiques dont nous avons parlé la dernière fois s’imposent : prépondérance rythmique et traitement des sonorités.

–        Bird : C’est un fait que, changeant de milieu social et subissant les traditions d’un autre peuple, un être est amené à adopter certains traits de ce peuple.

         11. « True Friendship » – Rev. J.C. Burnett, New York City, 17.05.1927

                 Pers. : J.C. Burnett (voc) – prob. Sisters Ethel Grainger, Odette Jackson (voc) – Thomas “Fats” Waller (org)

                 Disque : F & A FA008 CD1, piste 6 (2’55)

–        Cat : Le disque que tu viens d’entendre est une perle rare dans la discographie jazzistique, car l’accompagnateur à l’orgue n’est autre que « Fats » Waller que l’on a déjà rencontré pour terminer le dialogue précédent, dans un tout autre style.

–        Bird : En effet, je pense, pour ce que je m’en rappelle, que c’est avant tout un pianiste au style assez enjoué.

–        Cat : Ces chants religieux évoluent au cours du XIXe siècle, surtout après la Guerre de Sécession (1861-1865) et l’émancipation des esclaves. Trois grands courants se dessinent. D’un côté, les pasteurs et les musiciens noirs adaptent l’hymnologie protestante classique aux populations noires émancipées. En 1801, le précurseur de ce mouvement, Richard Allen, pasteur fondateur de l’African Methodist Episcopal Church, publie le premier recueil de cantiques exclusivement destiné aux Noirs, « A collection of spirituals Songs and Hymns Selected from various Authors ».

Les créateurs les plus influents de ce genre musical sont le révérend Charles Albert Tindley (1856-1933), méthodiste de Philadelphie, et Lucie E. Campbell (1885-1963), directrice musicale de la National Baptist Convention. Leurs œuvres annoncent les formes modernes des « gospel songs » et sont encore très populaires. Je te fais entendre une composition de Tindley interprétée par Washington Philips qui s’accompagne au dolceola, sorte de cithare équipée d’un clavier.

         12. « Take your burden to the Lord and leave it there » – Dallas, 02.12.1927

                  Pers. : Washington Philips (dolceola, voc)

                  Disque : F & A FA008 – CD1, piste 10 (3’06)

–        Bird : Très curieux, on ne s’attend pas à entendre un tel instrument dans la panoplie des instruments habituellement utilisés dans la musique afro-américaine. Par contre le chant n’a rien à envier aux psaumes classiques des Blancs.

–        Cat : Le second courant, celui des « jubilee singers » veut donner une image respectable des « spirituals » issus de l’esclavage. Les « jubilees » sont basés sur un hymne religieux existant. Ils consistent en une variation par strophes, dont chacune subit, au cours des répétitions des variations qui font naître la polyphonie. Par le biais de chorales universitaires ils cherchent à attirer l’attention du public blanc américain sur ces chants et obtenir ainsi un soutien financier permettant le fonctionnement de ces établissements destinés aux jeunes Noirs.

Le premier chœur noir voit le jour à la Fisk University (Nashville, Tennessee). Sous la direction de leur professeur blanc, Goerges L. White, de jeunes étudiants chanteurs de cette université, les « Fisk Jubilee Singers » présentent un concert à Nashville en 1871, puis à Boston en 1872 où ils obtiennent un succès immense lors de leur prestation à l’occasion d’un World Peace Jubilee. Ils firent le tour des Etats-Unis et traversèrent même l’Atlantique pour se manifester en Europe. Ils eurent l’occasion de chanter devant le Président des Etats-Unis et devant la famille royale d’Angleterre. Ils montraient au monde que ce peuple à peine émancipé pouvait prendre sa place dans la société américaine.

          13. « Roll Jordan roll » – Fisk University Jubilee Quartet (c. 1913)

                   Disque : Flw F-RF5, piste 1 (2’40)

–        Bird : Effectivement, on sent que l’on a affaire à des versions plus harmonisées et rythmiquement rabotées. Mais elles gardent malgré tout une certaine authenticité et une grande chaleur.

–        Cat : De nombreuses autres chorales apparaissent provoquant un engouement du public blanc pour ce genre de musique religieuse comme celles de l’université de Hampton en Virginie, de Ross au Mississippi ou de Tuskegee en Alabama. Voici un morceau interprété par les « Tuskegee Institute Singers ».

          14. « I’ve been buked and I’ve been scorned and most done travelling » – Tuskegee Institute Singers (c. 1917)

                  Disque : Flw F-RF5, piste 2 (3’20)

–        Cat : Ne crois pas que l’authentique « negro-spiritual » se perd ou s’édulcore. Dans les églises le dynamisme et la spontanéité se perpétuent. Si les Baptistes et les Méthodistes demeurent attachés à une hymnodie conformiste, les églises pentecôtistes, surtout sanctifiées, jouent le rôle de conservatoire des traditions afro-américaines. La création de la Church of God in Christ, en 1895, aura musicalement une importance capitale car c’est là que le chant évangélique se ressourcera aux moments cruciaux de son évolution.

D’ailleurs, voici un exemple… Ce morceau, « Move in the room with the Lord » est exprimé avec une passion peu ordinaire. Il s’agit ici d’un acte de foi mystique. Tout en s’appuyant sur une base rythmique solide, les exécutants semblent perdre connaissance, et s’arrachent des cris furieux, donnant un saisissant exemple de la « transe musicale » typique de ce genre de manifestation.

          15. « Move in the room with the Lord » – The Original Five Blind Boys.

                   Disque : CFD 3NB3 (2’37)

–        Bird : Je suis convaincu. Assister à un office pareil doit provoquer une exaltation sans borne.

–        Cat : Le disque, à partir du début du XXe siècle, en permettant une meilleure connaissance de la pratique musicale religieuse, fera apparaître quatre grands courants qui s’influenceront les uns les autres : la vie des congrégations, la création hymnodique, l’apparition des quartettes, le tronc commun du gospel moderne.

–        Bird : Effectivement, grâce à l’enregistrement, on peut conserver un patrimoine musical d’une grande richesse en allant capter sur le terrain des événements spontanés et donc authentiques.

–        Cat : Voyons d’abord qu’elle est l’ambiance dans les églises noires, lors des offices. Nous avons déjà un bel aperçu de ce qui se passe lors des cérémonies religieuses avec les diverses particularités que sont le dialogue entre le prédicateur et ses fidèles, le passage du sermon au chant, la glossolalie, c’est-à-dire, les mots inventés et les interjections qui ponctuent l’office, l’accompagnement instrumental qui peut prendre de l’importance dans certaines congrégations.

Premier exemple, une scène de baptême par immersion en Alabama.

          16. « Baptizing scene » – Rev. W. A. Donalson

                   Disque : Atl. SD-1346, B2 (1’35).

–        Cat : Pour mettre les fidèles dans l’atmosphère voulue, on interprète d’abord quelques psaumes dans la plus pure tradition protestante. Le pasteur annonce ensuite sur le ton parlé, le chapitre de la Bible qu’il va commenter. Le sermon commence, fait de phrases courtes que le pasteur récite « recto tono » et d’une traite en accentuant violemment la dernière syllabe. Généralement, ses phrases démarrent sur un cri plus sonore et longuement étiré, ce qui provoque une cassure dans le rythme. Le rythme des versets s’accélère, la voix se fait plus rauque. Les fidèles s’échauffent. Ils balancent le corps et soulignent de battements de mains les phrases du sermon. Ils poussent des interjections – shouts – telles que « Hallelujah » ou « Lawsy ! ». Les femmes lancent des cris hystériques et le sermon se termine dans une frénésie collective.

          17. « 1′ Il fly away » – The Reverend D. Campbell

                    Disque : CFD 3N AS (2’45)

–        Bird : Edifiant… On peut diviser cette forme musicale en deux catégories, comme pour le plain-chant grégorien; c’est-à-dire en récitative et en mélodique. C’est vrai, on est emporté par cette tension croissante et on a envie de bouger.

–        Cat : Je n’avais pas tort en insistant sur le chant liturgique…

Pour compléter le tableau, je te lis un court texte écrit par la spécialiste de l’art noir, Mura Dehn, relatant une scène se déroulant dans un temple noir en 1952.

« Elder Davis (le révérend) quitta sa petite plateforme, descendit parmi les danseurs et rugit d’une voix âpre : c’était le commencement du sermon. Il parlait, en anglais, d’une étrange manière, la voix déformée par les éclats. La tête rentrée dans les épaules comme un taureau, il se tenait immobile, tournant la tête et le buste, puis chargeait  soudainement dans une direction précise, comme un animal furieux. Ses deux mains s’ouvraient dans une attitude familière aux danseurs. Mais il ne dansait pas. Il chargeait vers un coin de la salle, puis vers un autre, en homme terriblement puissant. Les assistants s’étaient échauffés jusqu’à la folie, tous rugissaient et criaient à son exemple, complètement abandonnés. La sauvagerie de ces cris les rendait terrifiants. Elder Davis, comme un sorcier d’Afrique, sans instruments, sans mise en scène théâtrale, sans déguisement, se sentait animé d’un pouvoir divin et le hurlait à ses ouailles. Son vêtement brun foncé virait au noir sous l’effet de la transpiration. »

Pour clore ce chapitre, le révérend McGee et sa congrégation accompagnés au piano et au trombone.

        18. « Jesus the Lord is a Saviour » – Rev. F.W. McGee and Congregation (c. 1929)

                  Pers. : + trombone, piano

                  Disque : Flw F-RF5, piste 7 (3’26)

–        Bird : Si le Seigneur existe, il doit bien se balancer là-haut !

–        Cat : Des chorales sanctifiées se forment aussi au sein de ces congrégations comme les « Memphis Sanctified Singers ». Des prédicateurs itinérants sillonnent les villes et les campagnes pour répandre la bonne parole. Souvent, ils s’accompagnent à la guitare ou au piano. Ecoutons d’abord les « Memphis Sanctified Singer », puis le prédicateur Blind Willie Johnson.

          19. « He got better things for you » – Memphis Sanctified Singers, Memphis, 01.10.1927

                   Pers. : Bessie Johnson (1ère voix) – Melinda Taylor, Sally Sumber (voc) – Will Shade (g)

                   Disque : F & A FA008, CD1, piste 13 (2’52)

        20. « Let your light shine on me » – Dallas, Texas, 03.12.1927

                  Pers. : Blind Willie Johnson (g, voc)

                  Disque : F & A FA008 CD1, piste 1 (3’07)

–        Bird : Ce besoin impérieux de glorifier Dieu par des manifestations aussi extraverties me semble être l’apanage de ces populations afro-américaines.

–        Cat : On rencontre cela également en Afrique noire où en Amérique latine, où les congrégations protestantes se sont implantées et ont été également amalgamées aux religions ancestrales, donnant lieu à de nombreuses nouvelles sectes : le kimbanguisme, par exemple, qui pris naissance au Congo du temps de la colonisation et qui est toujours vivace.

D’un autre côté, le répertoire religieux s’enrichit avec l’apparition de nombreux musiciens – compositeurs, comme Thomas A. Dorsey, dont nous entendrons tout de suite une composition, Kenneth Morris, Roberta Martin ou James Clevaland pour ne citer que les plus importants. La National Baptist Convention publie périodiquement les « Gospel Pearls », hymnaire qui donne une bonne idée de la richesse de ces créations.

         21. « If you see my saviour » – Thomas A. Dorsey

                 Disque : F & A FA5051, CD2, piste 18 (2’50)

–        Bird : Je vois qu’il est loin le temps où les esclaves devaient se cacher pour se réunir et partager leurs peines et leurs joies.

–        Cat : La réorganisation des spirituals en cantiques à quatre parties par les Jubilee Singers permettra l’apparition des quartettes bien rodés qui se produisent toujours aujourd’hui. Le premier enregistrement de musique noire est celui du « Dinwiddie Colored Quartet », en 1902. Dans les années 1920, s’impose le style élaboré et détendu du Sud-Est avec le « Norfolk Jubilee Singers », repris par les « Blue Jay Singers » de l’Alabama. Voici les « Norfolk Jubilee Singers ».

          22. « No hiding place » – Norfolk Jubilee Singers, Charlotte, NC, 05.06.1938

                   Pers. : Norman “Crip” Harris (1er tenor voc) – Raymond Smith (2ème tenor voc) – Melvin Colden (bar voc) – Len Willians (b voc)

                   Disque : F & A FA008 CD1, piste 14 (2’48)

–        Bird : C’est vrai, on sent une mise en place plus précise. Ce n’est plus la spontanéité des offices.

–        Cat : Ce premier éveil de l’âme noire fut encouragé par quelques minorités de Blancs négrophiles tel la « New England anti-slavery society » fondée à Boston en 1831 ou l’ « Underground railroad » créée en 1838. Pour ces philanthropes, le chant religieux afro-américain présentait beaucoup plus d’intérêt que le portrait caricatural et clownesque du Noir donné par les « Minstrels » dont nous parlerons lors d’un autre entretien. Au fur et à mesure de l’émancipation et de la lente intégration sociale et politique du peuple noir au sein de la fédération américaine, la vogue de la musique sacrée des Noirs va en s’amplifiant.

Dans le morceau suivant, les Jubalaires traitent le thème avec une habilité consommée. Ce groupement qui diffère des précédents, par son style plus doux, plus travaillé – c’est plutôt une formation de concert – joue sur un tempo très vif, mêlant avec science les différentes phrases et utilisant avec un art parfait toute la richesse des voix. La mise en place rythmique est sans défaut.

         23. « My God called me this morning » – The Jubalaires

                    Disque : CFD 3N A4 (2’35)

–        Bird : Il faut reconnaître que bien que ce soit des versions plus édulcorées, il y a malgré tout quelque chose qui passe. On y sent un enthousiasme et une foi sous-jacents.

–        Cat : A partir des années 1930, on verra une éclosion de ces quartettes qui subissent l’influence du jazz et de la musique populaire, avec, notamment, le célèbre « Golden Gate Quartet », Le « Dixie Humming Birds », les « Five Blind Boys », le « Spirit of Memphis », et bien d’autres. Ecoute celui-ci; il est chanté par les « Dixie Humming Birds ». Un soliste entonne le thème d’une voix de gorge passionnée et vibrante, tandis que ses compagnons le soutiennent en un ensemble très rythmé accompagné d’un battement discret et assez rapide. Le soliste fait croître la tension, tenant longuement une note avant de reprendre ses vocalises.

          24. « What are they doing in heaven today » – The Dixie Humming Birds.

                      Disque : CFD 3N A1 (2’53)

You know I’m thinking                                                 Je songe, voyez-vous

Of friends whom I used to know                                               A des amis que j’avais

Who lived and suffered                                                 Qui ont vécu, qui ont souffert

In this world below…                                                   En ce bas monde….

–        Cat : Le groupe des « Spirit of Memphis » accompagne dans cette plage Brother Cleophus Robinson, l’un des plus célèbres « meneurs de jeu » des chants religieux noirs. Dans son interprétation on sent l’intensité dramatique, la passion et la fougue qui expliquent son ascendant sur la foule de fidèles venue l’écouter.

         25. « A charge to keep I have » – The Spirit of Memphis

                   Pers. : Brother Cleophus Robinson (voc), choeur

                   Disque : CFD 51N A4 (2’51)

–        Cat : Le « Golden Gate Jubilee Quartet » est né à Norfolk aux Etats-Unis en 1934. Il est alors composé par les ténors William Langford et Henry Owens, le baryton Willie Johnson et le basse Orlandus Wilson qui dirige à l’époque la formation. Avec l’a capella, il révolutionne l’univers du gospel mais aussi la société de l’époque. En 1939, ils sont engagés pour se produire au Café Society, à New York, « le premier club de jazz à pratiquer l’intégration raciale ». Plus tard dénommé « Golden Gate Quartet », le groupe exporte le gospel en Europe et finit par s’installer à Paris en 1959. L’ensemble, dont Elvis Presley fut un grand fan, s’est produit dans près d’une soixantaine de pays à travers le monde. La flamme du Golden Gate ne s’éteint pas et se transmet inexorablement en dépit des changements des chanteurs qui évoluent dans le groupe. Paul Brembly (ténor), neveu d’Orlandus Wilson, Terry François (basse) qui lui succède, Franck Davis (baryton) et Clyde Wright (ténor) forment aujourd’hui le Quartet. Bel exemple de continuité durant près de 70 ans.

          26. « The valley of time » – Golden Gate Quartet, New York City, 26.12.1939

                     Pers. : Henry Owens (1er tenor voc) – William Langford (2ème tenor voc) – Willie Johnson (bar voc, lead) – Orlandus Wilson (b voc)

                     Disque : F & A FA008 CD2, piste 11 (2’40)

          27. « The sun didn’t shine » – Golden Gate Quartet, New York City, 25.05.1941

                    Pers. : même que le précédent sauf : Clyde Riddick remplace Langford

                    Disque : F & A FA008 CD2, piste 12 (2’06)

–        Bird : Evidemment, quand on entend ces voix magnifiques, on comprend que le public de tout horizon puisse être conquis.

–        Cat : Bien vite tous ces groupes de chanteurs rentreront dans le circuit commercial et feront le tour du monde. C’est le seul moyen de toucher l’ensemble du public non initié. Les quartettes présentent des interprétations impeccables au point de vue musical, mais il lui manque cette spontanéité, cette chaleur que nous avons rencontrées lors de l’écoute d’un enregistrement dans un temple.

–        Bird : C’est vrai, je me rappelle que dans les années 1960, chaque année, un spectacle de chants de Noël intitulé « Black Nativity » présentait des chorales qui interprétaient des « negro-spirituals« , parfaitement mis en place. La mise en scène voulait donner au spectateur une idée de ce qui se passait dans les églises noires à l’époque de Noël. Comme le programme l’annonçait, par l’esprit, ce spectacle rejoint le vieux film « Verts Pâturages »[3] ; c’est l’esprit des « mistères » moyenâgeux par les Noirs d’Amérique.

–        Cat : Oui, j’ai assisté à toutes ces représentations. Mais là nous devrions plutôt parler de « gospel songs« . Nous y reviendrons tout de suite. Encore un ensemble très célèbre avec de très belles voix féminines et dont sortira la chanteuse Dionne Warwick qui fit une belle carrière en soliste. Les « Drinkard Singers », originaires de Newark dans le New Jersey, étaient parrainés par Mahalia Jackson et se sont révélés lors du festival annuel de Newport en 1957. Une foi chaleureuse, communicative et un swing incontestable se dégagent de leurs interprétations.

          28. « Listen to the lambs » – Drinkard Singers – 04.1958.

                    Disque : RCA 430 323 A5 (2’55)

–        Bird : Justement, Mahalia Jackson ? Tu n’en parles pas.

–        Cat : J’y arrive. Les chanteuses comme Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe… chantent plus souvent ce que l’on qualifie du nom de « gospel songs« . Ce qui les distingue du « negro-spiritual« , c’est qu’ils sont interprétés par un soliste avec ou sans accompagnement d’instruments et de choeurs. On peut les distinguer également selon un découpage historique en partie artificiel. Les « negro-spirituals » sont nés dans les zones rurales, tandis que les « gospel songs« , fortement inspirés du blues et du jazz se sont formés dans les ghettos des grandes villes industrielles au sein des nouvelles communautés qui ont quittées la campagne pour tenter leur chance en ville. Albert Tindley, fils d’esclaves et prédicateur d’une église méthodiste de Philadelphie est considéré comme le premier auteur de gospel. Il a écrit des dizaines de morceaux dont « We shall overcome », l’hymne de la marche pour les Droits civiques de Martin Luther King en 1960. Ils se généraliseront autour de 1930 sous l’impulsion de Thomas A. Dorsey et Sallie Martin.

         29. « God is a battle axe » – Sallie Martin Singers, Hollywood, 15.12.1950

                   Pers. : Sallie Martin (lead voc) – Cora Martin, Brother Joe May (voc) – Theresa Childs (voc, p) – Dave Weston (voc, org)

                   Disque : F & A FA5053, CD1, piste 19 (3’30)

–        Bird : Je pense qu’il ne doit pas toujours être facile de faire la distinction. Personnellement je préfère en rester à un terme plus général. Une classification plus rigoureuse n’améliorera pas l’écoute, ni ne fera mieux apprécier ces chants.

–        Cat : Tu as tout à fait raison. De ces quartettes et autres ensembles vocaux se détachent quelques interprètes de grande classe qui feront une carrière publique et discographique parfois prestigieuse. Nous avons, bien évidemment Mahalia Jackson, incarnation même du gospel, qui refusa une carrière profane, en dépit des pressions de son mari, conscient de ses dons phénoménaux. Malgré cela, s’était une habile femme d’affaire qui su mener sa carrière avec brio. Je te fais écouter deux de ses interprétations.

         30. « I can put my trust in Jesus » – Mahalia Jackson, New York City, prob. 17.10.1949

                   Pers. : Mahalia Jackson (voc) – Mildred Falls (p) – Herbert J. Francis (org)

                   Disque : F & A FA5053 CD1, piste 7 (3’14)

–        Cat : Le deuxième morceau est une sensationnelle interprétation de « In the upper room ». Le thème se rapproche du précédent, nous retrouvons ici le désir d’être là-haut avec Jésus. L’exposé de cet état de grâce est fort serein, une sorte de béatitude s’exprime par la bouche de la chanteuse qui joue avec piété et douceur, sans rythmer presque sa partie. Il est impossible de ne pas être envoûté par la magnificence de cette voix chaleureuse et aux résonances de cathédrale. Tout auditeur retient son souffle en l’écoutant. Puis entourée d’un chœur, Mahalia Jackson donne à son chant un rythme très sensible, comme si l’état de grâce conquis ne pouvait se concevoir qu’entouré de la magie rythmique. Elle se laisse balancer par la musique, tantôt en soliste, tantôt en contre-chant par rapport à ses compagnons.

          31. « In the upper Room » – Mahalia Jackson

                    Disque : Vogue EPL.7076 (5’43)

–        Bird : Elle semble s’envoler jusqu’aux cieux dans ses vocalises, et je pense que cet « In the upper room » est l’une des plus belles parmi les pièces que le chant noir n’ait jamais offert à ses admirateurs.

–        Cat : On ne peut passer sous silence des chanteuses comme Sister Rosetta Tharpe, qui fit une longue carrière profane avant de se consacrer au chant religieux, ou Marion Williams que l’on vit en tournée « Black Nativity » à Bruxelles, en novembre 1962, avec son groupe « The Stars of Faith », et en décembre 1964.

          32. « Rock me » – Rosetta Tharpe with Lucky Millinder & his Orchestra, New York City, 05.09.1941

                    Pers. : Rosetta Tharpe (voc, g elec) – William Scott, Archie Johnson, Nelson Bryant (tp) – George Stevenson, Flyod Brady, Edward Morand (tb) – Ted Barnett, George James (sa) – Stafford Simon (st) – Ernest Purce (sb) – Bill Doggett (p) – Trevor Bacon (g) – Abe Bolar (b) – Panama Francis (dm)

                    Disque : F & A FA 008 CD 2, piste16 (2’44)

         33. « How far am I from Canaan » – Marion Williams, New York City, 14.06.1949

                   Pers. : Marion Williams (sopr voc lead) – Gertrude Ward, Clara Ward, poss. Willa Ward Moultrie (voc) – Henrietta Waddy (cont. voc) – inconnu (p, org)

                   Disque : F & A FA5053 CD 2, piste 9 (5’34)

–        Cat : Comme je l’ai dis précédemment en évoquant la naissance de la « Church of God in Christ » de mouvance pentecôtiste, le chant religieux noir continue à participer de la musique afro-américaine en intégrant ses innovations et ses modes, tout en gardant ses racines profondes. Pour illustrer mon propos, écoute ce morceau interprété par un choeur d’adolescents de Los Angeles qui exprime sa foi avec la musique de son temps. Il n’y est question que d’amour, d’élévation et de joie.

         34. « Don’t you give up » – L.A. Gospel Rap – Team Jesus

                   Disque : F & A FA-5051 CD1, piste 16 (4’22)

–        Bird : C’est du rap !

–        Cat : Bien sûr. Cela découle d’une attitude, d’un choix d’expression qui implique ses codes de pensées, ses réflexes comportementaux et ses rituels.

Pour terminer cet entretien, je voudrais te montrer l’influence de ce genre musical sur le reste de la musique afro-américaine. Un bel exemple est Ray Charles. En 1955, avec son succès commercial de « I’ve got a woman », il trouve un nouveau style, unique, en mélangeant les composantes du gospel et du blues : le canevas musical des gospels et des thèmes profanes qui évoquent les déchirements du quotidien, propres au blues.

          35. « I’ve got a woman » – Ray Charles – 1955

                    Disque : Rhino 8122 73556-2 CD1, piste 3 (2’54)

–        Cat : La confusion sera d’autant plus grande, lorsqu’il s’adjoindra le chœur des Raelets. Comme l’officiant, Ray chante d’une voix écorchée, tandis que les voix féminines reprennent ses phares à la manière des fidèles. C’est bien la technique appel – répons que nous avons vu en début d’entretient. Cela lui valut les foudres de la communauté noire bien pensante qui y voyait une sorte de sacrilège. Cela n’enlève rien au génie de Ray, au contraire. La formule sera reprise par d’autres chanteurs de blues et donnera la tendance « soul ».

A titre d’exemple, “Lonely Avenue”, dans lequel apparaissent pour la première fois les Raelets,  s’inspire du “I’ve Got a New Home” des « Pilgrim Travelers ».

          36. “Lonely Avenue” – Ray Charles – 1956

                   Disque : Rhino 8122 73556-2 CD1, piste 9 (2’34)

–        Bird : Après une séance pareille, je me sens converti à cette culture musicale très riche et attachante.

–        Cat : Ce dernier morceau est une belle transition pour nous amener au dialogue suivant qui traitera du « blues ».

Discographie

  1. « Get on Board. – Negro folksongs » by the folkmasters.

Folkways Records FA 2029 – 25 cm, 33T.

  1. Chant grégorien – Les quatre antiennes à la Saint Vierge.

Decca  461.012 – 17 cm, 45T.

  1. Negro Folk Music of Alabama – Volume Two Religious Music

Folkways F-4418 – CD

  1. Negro Spirituals – vol.2 – Camp Meetin’ Chair.

Mercury MG 25084 – 25 cm, 33T.

  1. The Gospel Ship – Baptist Hymns & White Spirituals from the Southern Mountains

New World 80294-2 – CD

  1. Negro Spirituals / Gospel Songs 1926-1942

Fremeaux & Associés S.A. – FA 008 – CD

  1. Introduction to Gospel Song

Folkways F-RF5 – CD

  1. Sounds of the South – Southern Folk Heritage Series

Atlantic 1346 – 30 cm, 33T

  1. Neuf Negro Spitituals – Gospel Songs

Le Club Français du Disque 3N – 25 cm, 33T.

  1. Histoire du Negro spiritual et du Gospel

Fremeaux & Associés – FA 5051 – CD

  1. Negro Spirituals / Gospel Songs II N°2

Le Club Français du Disque 5I N – 25 cm, 33T

  1. Les Drinkards singers ­

RCA 430 3235 – 30 cm, 33T.

  1. Gospel sisters & divas 1943-1951

Fremeaux & Associés – FA 5053 – CD

  1. Mahalia Jackson « Negro Spirituals » Vol 1

Vogue EPL 7076 – 17 cm, 45T.

  1. The definitive Ray Charles

Rhino 8122 73556-2 – 2CD


Bibliographie

 1)     Bergerot F., Merlin A. (1991- – « L’épopée du jazz. Vol. I. Du blues au bop« , Découvertes Gallimard, « Arts », 114.

2)     Berendt J.E (1963) – « Le Jazz des origines à nos jours » ­, Petit bibliothèque Payot, Paris.

3)     Carles P., Clergeat A., Comolli J.-L. (1988) – « Dictionnaire du Jazz« , Robert Laffont, Paris.

4)     Champarou P. (2002) – Le Blues : des Plantations à la Scène Musicale, in La Gazette de Greenwood, juin.

5)     Heuvelmans B. (1951) – « De la Bamboula au Be-Bop », Ed. de la main jetée, Paris.

6)     Milton E. (1995) – « Jazz & Blues collection 3 : Ray Charles« , Editions Atlas.

7)     « Negro-spirituals – Les chants religieux du peuple noir des Etats-Unis« , Livret d’accompagnement du disque Le Club Français du Disque – 3 N « Negro Spirituals, Gospel Songs »

Marion Williams and the Stars of Faith

NOTES

 


[1]           En Angleterre, John Wesley et Charles Wesley, deux frères en réaction contre l’intellectualisme de l’orthodoxie protestante,  fondent un mouvement antiformaliste qui deviendra le méthodisme . Au cours de grands rassemblements en plein air à travers toute l’Angleterre, ils prêchèrent la conversion personnelle et le souci des plus pauvres. Leur prédication contribua au regain de la ferveur religieuse dans la classe ouvrière britannique, jusque-là rebutée par le formalisme hautain de l’Église d’Angleterre. Désapprouvé officiellement, le méthodisme finit par se séparer de l’Église anglicane et devint l’une des confessions non conformistes.

[2]             Les sociétés bibliques du monde entier profitent du gigantesque spectacle que sont les Jeux Olympiques de Sydney pour annoncer la Parole de Dieu. Des dizaines de milliers d’ouvrages bibliques « sportifs » en plusieurs langues ont été publiées par les sociétés bibliques d’ pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique.

« Les sociétés bibliques saisissent « l’occasion en or » des Jeux Olympiques », in  Nouvelles bibliques de l’ABU, n° 355, novembre 2000 (www.biblesociety.org)

[3]             « Verts Pâturages » (Green Pastures) : film noir et blanc (1936) réalisé par William Keighley sur une nouvelle de Marc Connelly. Le récit basé sur la Bible met en scène des acteurs noirs. On y présente Dieu sous la forme d’un brave pasteur de couleur, qui offre aux fidèles des cigares de qualité supérieure, qui a bien des soucis, mais dont la bonté et le pouvoir sont infinis. De très beaux « negro-spirituals » sont interprétés par les « Al Hall Choirs »

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